dimanche 19 avril 2026
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Procès CNSS : Une candidate avec deux notes et deux signatures différentes

Le procès du recrutement frauduleux à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) a repris le 30 juin 2020 au tribunal de grande instance de Ouagadougou. Les témoins, tour à tour, sont encore passés à la barre pour répondre aux questions de la Cour et des avocats afin de confronter les témoignages et les preuves pour qu’un verdict juste soit rendu à l’issu de ce procès.

« Je ne reconnaîs pas cette écriture comme étant la mienne », a répondu Salmata Sawadogo aux avocats de la partie civile qui lui présentaient une copie avec une note de 17/20 qui lui est attribuée dans le cadre du concours d’entrée à la CNSS en tant que agent de liaison.

« Reconnaissez-vous la signature apposée sur la copie comme étant la vôtre », non répond dame Sawadogo. « Reconnaissez-vous le nom et le prénom inscrits sur la copie comme les vôtres ? », l’interroge encore l’avocat. « Non, mon prénom c’est Salmata et non Salamata avec ‘a’ comme inscrit sur la copie », a-t-elle répondu sans détour. « Ces discordances intriguent et font penser qu’il y a eu falsification de la copie », fait remarquer l’avocat au président de la Cour. La Cour appelle donc la correctrice à la barre pour y voir clair.

Fait troublant, dans le relevé de note détenu par la correctrice, dame Sawadogo a une note de 10/20, mieux, son prénom Salmata sans le ‘a’ de Salamata est correctement écrit dans la liste de présence et correspond à la note de 10/20 sur le registre de notes. Aussi, a-t-elle reconnu sa signature sur la liste de présence.

Des faits qui laissent la Cour sans voix ce d’autant plus que Dame Sawadogo a été déclarée admise avec un rang de 1ère ex dans son concours. « Comment s’expliquent ces faits? », demande le président. « Je nai rien à dire », répond Dame Sawadogo.

Pour la défense, cet ensemble de faits expliquent clairement une fraude

La défense, au regard des faits n’a pu qu’admettre qu’en effet, « il y a quelque chose qui ne va pas avec cette copie de Dame Sawadogo. Pour une des rares fois, nous sommes d’accord avec la partie civile, il y a du faux, il y a falsification». Cependant, la question cruciale que la défense retourne à la partie civile et à la Cour est : « qui a fait ça ? Qui a commis la fraude? Que la partie civile nous dise qui est le coupable car en matière pénale il faut arriver à prouver qui a fait cela».

Les tractations ont ainsi continué entre la défense et la partie civile, pour laisser le juge apprécier les éléments d’incrimination et de défense afin de trancher au mieux. Aussi, les interrogations de plusieurs témoins ont également été poursuivies jusquà ce que la Cour renvoie le procès au 10 juillet 2020 pour la suite.

En rappel, la procédure judiciaire en cours est relative à une affaire de recrutement frauduleux effectué au sein de la CNSS courant l’année 2018. Il faut d’ailleurs préciser que dans cette affaire, le Directeur des Ressources Humaines de l’institution est accusé d’avoir intégré 4 de ses proches dont sa femme et son frère parmi les admis.

Hamadou Ouédraogo
Minute.bf

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