samedi 28 mars 2026
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Oubritenga/Songpélcé : Ablacé Sebgo, étudiant en 6e année de médecine et passionné d’agriculture 

Les avertis des politiques de population et économiques s’accordent à dire que le développement de pays comme le Burkina passe par un investissement dans l’agriculture. Contraste, à partir d’une certaine jeune génération, la fonction d’agriculteur sonne comme du « raté ». Fort heureusement, d’autres jeunes ont compris et s’adonnent à cela avec fierté. Parmi eux, on peut citer Ablacé Sebgo, étudiant en 6e année de médecine et désormais sur la liste des producteurs semenciers au Burkina Faso. Le lundi 27 juin 2022, il s’est ouvert aux journalistes, en campagne de presse sur l’installation progressive de la saison agricole dans le Plateau Central, province de l’Oubritenga, village de Songpélcé.

« La terre ne ment pas ! », dit-on souvent. On peut imiter Joseph Ki-Zerbo et se convaincre que le développement d’un pays comme le Burkina Faso passera par l’agriculture ou pas. Du reste, c’est ce que pense Ablacé Sebgo. Cet étudiant en 6e année de médecine à l’Université Joseph Ki-Zerbo n’a pas raccroché avec l’agriculture, activité principale de ses parents. 

Dans sa chemise en tissu pagne, son pantalon, et ses chaussures en cuir envahies par la poussière de son Songpelsé natal, Ablacé Ouédraogo se fond facilement parmi ses parents agriculteurs. Là, ce n’est pas l’étudiant en médecine tiré dans sa blouse blanche habituelle, mais le jeune producteur semencier qui est en face de nous.

« Je suis né au village, à Songpélcé ici même. J’ai grandi avec mes parents qui sont des cultivateurs. Dans les années 2008, on a commencé à faire la production des semences. On l’a fait ensemble jusqu’à ce que je gagne mon bac en 2015. Au fil du temps, j’ai compris que pour la nourriture, je dois retourner à la terre pour aider les parents » : c’est Ablacé Sebgo qui explique son attachement à l’agriculture. Du travail de la terre au maniement des seringues et du stéthoscope, c’est clairement un choix de carrière. Mais du maniement des seringues au travail de la terre, si les origines de l’étudiant en médecine y sont pour quelque chose, il faut noter une sorte de passion et de conviction. 

Une vue du champ emblavé de soja de Ablacé Sebgo

Pour lui, « à l’université, c’est pour aller se former, avoir des connaissances et un esprit ouvert qui permettent de rentrer dans le monde et non pour aller se trouver du travail. » C’est donc dans cette ouverture d’esprit que l’étudiant qui apprenait la production semencière avec ses parents autour de 2008 a finalement participé à « une formation l’année dernière pour avoir le document nécessaire afin de pouvoir s’inscrire au niveau du registre des Producteurs semenciers [être déclaré et reconnu producteur semencier, ndlr]. » 

Les documents de producteur semencier en poche, M. Sebgo doit faire ses preuves. « Comme c’est le début, j’ai fait le soja sur une superficie de 3 hectares », confie-t-il, à ce propos.

La tâche s’annonce laborieuse et le jeune producteur semencier en est conscient. Il rassure qu’il « arrive à jongler entre les deux » (agriculture et études en médecine). « C’est souvent les week-end que je suis ici », ajoutera l’étudiant de l’Université Joseph Ki-Zerbo avant de décliner un certain nombre d’obstacles.

Ablacé Sebgo invitant les jeunes à s’adonner à l’agriculture pour en finir avec les crises alimentaires

Investir dans l’agriculture pour en finir avec les crises alimentaires…

« Pour labourer, c’est tout un problème. Quand tu veux louer un tracteur, tu peux aller voir le propriétaire qui va te promettre de faire l’hectare à 30 000 F CFA. Vous allez vous accorder, mais il peut faire 2 semaines sans venir. J’ai vécu cela et j’ai été obligé de faire une partie en zaï et une autre partie (labourée) avec les bovins (charrue et bœufs) », a-t-il relevé. 

Au niveau de la pluviométrie aussi, Ablacé Sebgo ne se fait pas d’illusions. « Comme on fait partie de la zone soudano-sahelienne, la pluviométrie n’est pas aussi bonne. S’il pleut aujourd’hui, on peut attendre 2 à 3 jours sans pluie », a-t-il laissé entendre, en nous indexant son champ dans lequel il confie avoir semé « depuis maintenant 4 jours sans qu’une goutte de pluie ne tombe. » 

Pour que tout cela n’impacte pas ses activités, M. Sebgo pense qu’il faut mettre à la disposition de chaque commune ou dans chaque Zone d’Appui technique (ZAT) « au moins un tracteur », dont pourront se servir les agriculteurs ou producteurs pour le labour. 

Enfin, se retournant vers ses camarades jeunes et surtout les étudiants, M. Sebgo est persuadé que l’agriculture est « un secteur porteur. » Déjà, il est convaincu que « le nombre des étudiants qui ne veulent plus venir au village est en train de diminuer », comme pour dire qu’ils ont compris qu’il faut s’investir dans l’agriculture. « Ce que j’ai à dire aux jeunes, c’est de retourner à la terre et ensemble, nous allons produire pour que d’ici à 2030, les histoires de crises alimentaires, famines… soient derrière nous », a souhaité le passionné de l’agriculture.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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