Le lundi 1er septembre 2025, l’Assemblée législative de Transition (ALT) a adopté à l’unanimité le nouveau Code des personnes et de la famille. Parmi les innovations majeures contenues dans ce code, il y a la disposition visant à éviter l’abandon de la femme enceinte par les auteurs probables de sa grossesse, la criminalisation des pratiques homosexuelles et assimilées, la reconnaissance des mariages coutumier et religieux par l’Etat civil, entre autres. A la suite de l’adoption du nouveau code, Minute.bf a approché des citoyens dans la ville Ouagadougou pour recueillir leur appréciation.
Ousséini Ouédraogo, Commerçant de boisson au quartier Nonsin : « Ces dispositions sont salutaires »
C’est hier que j’ai vu ça sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne les dispositions prises pour soutenir la femme enceinte par les probables auteurs de sa grossesse, je salue cela et je pense qu’elle va soulager les parents en général et les jeunes filles en particulier. Autrefois, beaucoup de nos sœurs vivaient ces situations d’abandon. Malheureusement, certaines allaient même jusqu’à à se donner la mort.
Quant à la peine encourue par les homosexuels dans notre pays, je trouve que c’est peu. Je demande au gouvernement de ne pas tarder à promulguer la loi, car cela va beaucoup aider.
Pour la transcription des mariages coutumiers et religieux, c’est vraiment une épine retirée de notre pied. Religieusement, nous signons des actes de mariages, mais pour une quelconque procédure judiciaire, on nous appelle des célibataires, ce qui n’est pas normal. Mariage doit être égal à mariage quelque soit son lieu de célébration.
Inoussa Ouédraogo : « La peine (contre les pratiques homosexuelles et assimilées) est faible, il faut augmenter… »

Félicitations à tout le gouvernement. C’est vraiment très bien. Vous pouvez croire que moi, du haut de mes 39 ans, je n’ai pas de femme, et des gens du même sexe se permettent de s’amouracher? C’est un gâchis. Comment vont-ils concevoir des enfants ? Si ces derniers ne sont pas arrêtés avant qu’il ne contamine un grand nombre, nous allons finir par tous disparaitre puisqu’il n’y aura plus de reproduction. Je pense même que la peine est faible, il faut augmenter. Ces gens-là pensent que Dieu a créé l’homme et la femme pour rien ?
Je demande au gouvernement d’augmenter les peines et puis rendre le tout ferme, cela va servir de leçon à ceux qui veulent adopter le même comportement ».

Florence Yonli/Kaboré, coiffeuse de profession : « On ne pouvait pas rêver mieux »
De toutes les dispositions validées, celle visant à protéger la jeune fille m’a le plus touchée. Je suis coiffeuse de profession. Depuis que j’ai ouvert mon salon, je ne peux pas faire plus d’un mois, sans qu’une de mes sœurs ne vienne se confier ici dans le but d’avoir du réconfort. Fréquemment, j’ai à faire à des jeunes filles qui sont souvent abandonnées à elle-même et qui se retrouvent dans la rue, malgré les péripéties des rues. Alors, je pense que cette disposition prise par l’ALT va contribuer à atténuer cette douleur de l’abandon.
Je demande aux autorités de promulguer aussitôt ces dispositions adoptées, et de mettre à notre disposition un numéro vert afin qu’on puisse les alerter sur ces faits courants.
Quant aux gens de l’autre bord, je pense qu’ils vivent leurs vies. Mais, en société, leur façon de se comporter gêne. C’est pas du tout simple pour un parent de voir son enfant garçon vouloir entretenir des relations intimes avec son ami garçon. Donc je salue l’initiative du gouvernement à lutter contre cela.

Murielle Goubin, (Nigérienne vivant au Burkina Faso) : «J’exhorte les parents à aller au-delà de la loi »
En ce qui concerne la disposition pour soutenir la femme enceinte par les probables auteurs de la grossesse, pour ma part, j’exhorte les parents à aller au-delà de la loi. Qu’ils s’impliquent corps et âme dans l’éducation des enfants (fille comme garçon).
Nous avons vu le rêve de certaines jeunes filles brisé par une simple pulsion. Les parents doivent prendre bien soin de leurs enfants quand cette situation arrive. Il faut la soutenir pour qu’elle ne perde pas le fil de son avenir. Et si l’erreur survient, que les parents récupèrent leur enfant et la soutiennent, car de toute façon que ce soit la mère où l’enfant, ils leur appartiennent.
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Nadège KINDA
Minute.bf






