L’Assemblée générale des Nations Unies a franchi une étape historique, le mercredi 25 mars 2026 en adoptant une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves de « crime le plus grave contre l’humanité ».
Porté par le Ghana au nom du Groupe africain, ce texte ouvre la voie à un débat international sur les réparations et la justice historique.
Adoptée sous les applaudissements, la résolution a recueilli 123 voix favorables, contre 3 (États-Unis, Israël et Argentine) et 52 abstentions, parmi lesquelles figurent le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique et plusieurs pays de l’Union européenne.
Dans une atmosphère solennelle, les États membres ont salué un texte qui marque une reconnaissance forte des injustices subies par des millions d’Africains et de leurs descendants. « Aujourd’hui, nous nous rassemblons dans une solidarité solennelle pour affirmer la vérité et ouvrir la voie à la guérison et à la justice réparatrice », a déclaré le président ghanéen, John Dramani Mahama, s’exprimant au nom des 54 pays du Groupe africain.
La résolution met en avant la nécessité de réparer les torts historiques causés par l’esclavage et souligne que les demandes de réparations constituent une étape concrète vers la justice, la dignité et l’apaisement. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des injustices passées et de leurs conséquences actuelles.
Cependant, le texte ne fait pas l’unanimité. Les États-Unis ont exprimé de fortes réserves avant les votes, qualifiant la résolution de « hautement problématique à d’innombrables égards », par la voix de leur représentant auprès du Conseil économique et social des Nations Unies.
De son côté, la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé que la traite des esclaves demeure l’une des violations les plus graves des droits humains de l’histoire, en contradiction flagrante avec les principes de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a pour sa part appelé à s’attaquer aux conséquences durables de l’esclavage, notamment les inégalités et le racisme systémique. Il a exhorté les États à transformer cette reconnaissance en actions concrètes en faveur de la justice réparatrice et du développement inclusif.
« Nous devons lever les obstacles persistants qui empêchent tant de personnes d’ascendance africaine d’exercer pleinement leurs droits », a-t-il insisté, appelant également à une plus grande équité dans la gouvernance mondiale et à une meilleure participation des pays africains aux instances internationales.
Au-delà de sa portée symbolique, cette résolution pourrait marquer un tournant dans les revendications historiques liées à l’esclavage, en plaçant la question des réparations au cœur de l’agenda international.
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