Le Président nigérien, le Général d’armée Abdourahmane Tiani a fait des révélations ce jeudi, sur l’attaque ayant visé l’Aéroport international Diori Hamani, le 29 janvier dernier. Il s’est exprimé au cours d’une interview accordée à la télévision publique nigérienne.
Selon le Général Tiani, l’opération des terroristes a bénéficié du soutien d’entités étatiques formellement identifiées. « L’attaque de l’aéroport international Diori Hamani a bénéficié de la collaboration des pays que j’ai cités (France, Bénin, Côte d’Ivoire, ndlr) et particulièrement des présidents de ces pays que j’ai cités. », a-t-il déclaré.
Dans le détail, le Général Tiani a décrit une offensive impliquant plusieurs groupes terroristes opérant dans la région. Selon ses informations, l’attaque a mobilisé« 10 motos de mercenaires du GSIM, 10 motos plus un véhicule de l’EIGS et 20 motos de l’aile ISWAP du mouvement Boko Haram, qui opère dans la zone de Sokoto au Nigéria ».
Il a soutenu que ces groupes ont été recensés par les pays précédemment cités pour mener cette attaque. « Si vous participez financièrement, pour nous, vous participez en connaissance de cause et vous ne pouvez pas vous offusquer quand on sort pour citer vos noms. »
Le chef de l’État nigérien a également avancé des chiffres précis concernant le financement de l’attaque. « L’attaque a coûté aux sponsors 300 millions, 200 millions pour les préparatifs, 100 millions pour revendiquer », a-t-il déclaré.
Selon ses explications, aucun groupe n’avait initialement accepté de revendiquer l’opération. « Contrairement aux habitudes, c’est 72 heures après que l’EIGS a revendiqué. Pour qu’il revendique, il a bénéficié de 100 millions cash de francs CFA. C’est en ce temps qu’ils ont accepté de revendiquer. », a-t-il dit. Il a ajouté que cette revendication tardive a été « motivée par [son] intervention le 29 janvier 2026 à la base aérienne 101 ».
« Il fallait trouver un bouc émissaire »
Pour le Général Tiani, la désignation de l’EIGS comme responsable visait à « démentir une évidence » et à « trouver le bouc émissaire au coût de centaines de millions ». « Ce bouc émissaire a été l’EIGS. Je maintiens, je persiste et les Nigériens doivent s’en convaincre. Chaque fois que nous sortons pour dire quelque chose, nous ne le faisons pas sur un coup de tête. Nous ne le faisons pas par haine (…) Nous le disons parce que nous avons des éléments qui prouvent que ce que nous disons est vérifiable. Nous avons les écrits, nous avons les acteurs et nous avons les moyens mis à la disposition de ces mercenaires. », a martelé le président Abdourahmane Tiani.
Et de poursuivre sans ambiguïté : « Je confirme ici que cette attaque de la base aérienne et de l’aéroport international est une action commanditée par les commanditaires que j’avais cités. Et je persiste ici parce que nous avons les acteurs. Ce n’est pas un seul acteur
»
Le Chef de l’État a affirmé que l’attaque de l’aéroport « devait être suivie, si elle avait réussi, de 7 autres attaques ». Ces opérations avaient été, selon lui, « planifiées toujours par les forces françaises et les services spéciaux français ».
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