Après les infrastructures énergétiques de Ouagadougou, c’est au tour de celles de Koudougou de recevoir la visite du ministre chargé de l’Energie, Yacouba Zabré Gouba. Ce vendredi 6 février 2026, en compagnie du Directeur général de la Société nationale de l’Electricité du Burkina (SONABEL), il a effectué une visite de terrain sur le site de la Centrale d’urgence thermique de 25 mégawatts-crêtes (MWc) et au Poste 90/33 kilovolts (kv) de Koudougou. Cette tournée s’inscrit dans une dynamique d’anticipation des risques de coupures, alors que la période de forte chaleur avance à grand pas.
Le chantier de la Centrale d’urgence de Koudougou est le premier à recevoir la visite du premier responsable du département de l’Energie. Il s’est agi pour le ministre Yacouba Zabré Gouba, d’aller constater l’état d’avancement des travaux et de rappeler à la maîtrise d’ouvrage les attentes placées en cette infrastructure énergétique, à l’orée de cette période de grande consommation.

En effet, la Centrale d’urgence de Koudougou est une centrale thermique de 25 mégawatts-crêtes (MWc). Conclu sur la base d’un partenariat public privé avec la société BUTEC, ce projet d’environ 20 millions de dollars, des explications du chef du projet, l’ingénieur électromécanicien et expert-métier au Secrétariat général de la SONABEL, Salam Ouédraogo, devrait, à terme, améliorer l’offre énergétique à Koudougou.
Il a décrit une centrale composée de 28 moteurs de puissance unitaire 1 MWc pour un total de 25 MWc, qui consomme du DDO, « un carburant léger ». 5 transfos de puissance 5 MVA viendront accompagner la production des groupes. La centrale est dotée de cuves de stockage de 2 000 m3, des cuves tampons de 75 m3 et également des cuves journalières de 10 m3. Avec tout cela, le chef de projet a expliqué qu’il y aura un poste MT pour que la tension des groupes soit élevée à 33 KV pour être injectée au poste 33 de la SONABEL.

Au passage du ministre, 22 des 28 moteurs étaient déjà installés et les transfos des moteurs n’étaient pas encore arrivés. Même si l’entreprise BUTEC Energie a assuré que les 6 autres moteurs seront installés dès le mardi 10 février prochain, elle dit n’être pas en mesure de respecter le délai de livraison de l’infrastructure.
Le contrat a été signé le 23 septembre 2024 pour un délai d’exécution de 6 mois. Mais la société BUTEC Energie a fait cas de conditions suspensives qui ont fait que le projet n’a démarré que le 7 juillet 2025. Et là encore, si le délai de 6 mois était respecté, la centrale serait opérationnelle depuis le 7 janvier 2026.

Pour tout cela, le ministre de l’Energie s’est montré ferme vis-à-vis de la société BUTEC Energie. Il lui a notamment demandé, à l’étape actuelle, quand pourra-t-elle livrer l’infrastructure. Avril, a répondu la société avant d’être coupée net par le ministre Gouba qui a relevé que c’est un « projet d’urgence » et non un « projet classique ».
À la société qui justifiait cela par le retard dans l’acheminement de certains équipements qu’elle a commandé et qui sont actuellement en mer, Yacouba Zabré Gouba l’a enjointe de faire le point des besoins dès ce jour même.

Il a également instruit à la SONABEL de voir dans son magasin si elle peut aider l’entreprise avec certains équipements que lui remboursera la société BUTEC Energie lorsqu’elle réceptionnera sa commande.

Le DG de la SONABEL a souligné que ce projet est particulier en ce que la société BUTEC Energie qui l’exécute va l’exploiter pendant 5 ans avant de la rétrocéder entièrement à la SONABEL.
Après la Centrale d’urgence de Koudougou, la délégation conduite par le chef du département de l’Energie a mis le cap sur le Poste de transformation 99/33 kilovolts.

Ce poste est destiné au transfert d’énergie est une infrastructure « ultra moderne » qui pourra être télécommandée après sa mise en service.
« Koudougou ne sera plus un centre de consommation mais un centre de production »
Grâce à ce poste associé à la centrale d’urgence, Koudougou, foi du DG de la SONABEL « ne sera plus un centre de consommation, mais un centre de production qui va évacuer même l’énergie sur les réseaux interconnectés ». Koudougou, poursuit-il va passer à 90 kW ce qui va permettre de « renforcer la stabilité, la sécurité, l’approvisionnement et la fourniture vers Ouagadougou ».
Ce « poste stratégique » a été conçu, de ses explications, pour qu’en cas de difficultés à Koudougou, l’on puisse « de façon sécurisée » acheminer l’énergie depuis Ouagadougou.

A l’issue de la visite des deux infrastructures, le ministre de l’Énergie s’est satisfait du niveau d’ensemble d’exécution des projet. Il a souligné l’importance de ces deux projets qui s’inscrivent dans une dynamique de « souveraineté énergétique » et avec la Centrale d’urgence qui va permettre d’injecter 25 MWc dans le réseau national interconnecté. Le poste 99/33 KV, dit-il, va permettre de renforcer les infrastructures de gestion et de distribution de la puissance qui sera produite au niveau de Koudougou.

Mieux, « Koudougou, a annoncé le ministre Gouba, va être également un poste assez important parce qu’en plus de la production de 25 MW, il est prévu également une autre centrale de 40 MWc qui va davantage renforcer l’offre énergétique ».
Le ministre a encouragé les entreprises à travailler jour et nuit, 7/7 pour rendre les infrastructures dans les meilleurs délais, soit fin février pour la Centrale d’urgence.

Enfin, il faut noter que la tournée du ministre se poursuit dans le Guiriko, où il se rendra sur des sites d’infrastructures énergétiques à Bobo-Dioulasso.
Franck Michaël KOLA
Minute.bf






