mercredi 7 janvier 2026
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Énergie : Niamey dénonce un partenariat déséquilibré dans l’exploitation de son uranium

Le Niger a clarifié sa position officielle sur l’exploitation de son uranium, lors d’un point de presse le samedi 27 décembre 2025, relayée par sa télévision nationale, en réponse aux déclarations du groupe français Orano et à certaines interprétations médiatiques jugées inexactes. À travers cette conférence, les autorités ont retracé la genèse du partenariat jusqu’à la décision de nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR) et ont apporté des éclairages sur la nouvelle ordonnance du 8 août 2024 portant loi minière, notamment sur la fixation de la taxe de redevance superficiaire.

Selon Niamey, la concession d’Arlit, octroyée en 1968 pour une durée de 75 ans sur une superficie de 360 km², confère « un droit d’exploitation conditionné » et non un droit de propriété sur le sous-sol, lequel demeure une prérogative exclusive de l’État.
À ce titre, les autorités ont déclaré appliquer strictement la législation minière nationale et se sont réservées le droit de sanctionner tout opérateur ne respectant pas ses obligations légales et fiscales.

Sur le plan économique, l’État du Niger dénonce un déséquilibre structurel dans la commercialisation de l’uranium depuis plus de cinquante ans. Alors que la Société des mines de l’Aïr (Somaïr) est détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par la Sopamine, représentant l’État nigérien, les chiffres cumulés de 1971 à 2024 font état d’une commercialisation de 86,3 % de la production par Orano contre seulement 9,2 % pour la partie nigérienne, sur un total de 80 517 tonnes produites.

Face à cette situation, les autorités nigériennes ont évoqué une série de manquements imputables à Orano depuis les événements du 26 juillet 2023, notamment des retraits de personnel, des perturbations opérationnelles, des actions contentieuses internationales et une campagne médiatique jugée hostile.

Dans ce contexte, le Niger a décidé de nationaliser la Somaïr par ordonnance en date du 19 juin 2025, une mesure présentée comme « nécessaire pour sécuriser un secteur stratégique, garantir la continuité de l’exploitation et préserver les emplois ».

Sur le plan environnemental et sanitaire, l’État nigérien a mis en avant « un lourd passif » lié à plus de cinq décennies d’exploitation de l’uranium dans la région d’Arlit. Il s’agit des millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à l’air libre, une surexploitation de la nappe fossile de Tarat estimée à environ 400 millions de mètres cubes, ainsi que des études indépendantes faisant état de contaminations radiologiques et chimiques, sont autant d’éléments cités par Niamey pour rappeler les responsabilités des opérateurs miniers. Le Niger a insisté sur la nécessité de respecter les obligations internationales en matière de réhabilitation des sites et de protection des populations.

Enfin, Niamey a rejeté avec fermeté toute assimilation de l’exercice de sa souveraineté à un acte de spoliation. S’appuyant sur le principe de souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles, consacré par les Nations unies. Le Niger a réaffirmé sa volonté à rester ouvert à des partenariats équilibrés, transparents et respectueux, tout en se disant déterminer à défendre ses droits, à préserver ses institutions et l’intérêt supérieur de sa population.

Minute.bf

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