Près d’une décennie après les différends qui ont ralenti la mise en œuvre du projet de construction de la cité communale de Korsimoro, les propriétaires terriens de Raguitenga ont tourné la page. Ils l’ont signifié lors d’une conférence de presse, ce vendredi 20 février 2026, au cours de laquelle ils ont assuré de leur disponibilité et de leur engagement à accompagner la suite du processus.
Lancé en octobre 2016 sous l’impulsion des autorités communales d’alors, avec l’accompagnement technique et financier du Cabinet d’Appui à la Sécurisation Immobilière et Foncière (CASIF), le projet de la Cité communale de Korsimoro regroupe cinq groupes de propriétaires terriens. Cependant, des incompréhensions liées à un déficit de communication avec les propriétaires terriens de Raguitenga (secteur 1) avaient fortement ralenti sa mise en œuvre. Mais cette situation relève désormais du passé. C’est du reste ce qu’ils ont laissé entendre lors de ce point de presse.

« Après plusieurs interventions dans les médias pendant la période de tension, il était important pour nous de revenir devant l’opinion pour dire que cette affaire est désormais derrière nous », a d’emblée expliqué Moumini Sawadogo, le porte-parole des populations de Raguitenga.
M. Sawadogo a relevé que depuis le début de l’affaire, eux, les propriétaires terriens n’ont cessé d’afficher leur disponibilité à coopérer en transmettant leurs doléances aux autorités communales. Alors que la réponse tardait à venir, les populations de Raguitenga se félicitent de ce que la situation ait évolué avec l’avènement de la Révolution populaire et progressiste (RPP) et l’intervention de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Cela a permis, selon Moumini Sawadogo, la prise en compte des préoccupations des riverains.

« Aujourd’hui, notre inquiétude ne porte plus sur la réalisation de la cité en elle-même. La question est de savoir si nous pourrons cultiver cette année », a confié Moumini Sawadogo, évoquant une rupture de communication qu’il souhaite voir rapidement rétablie afin de faciliter la collaboration entre les parties. Sinon, il a rassuré que les populations sont maintenant disposées à soutenir le projet pour qu’il prenne forme.
Les conférenciers ont également exprimé leur reconnaissance envers les différentes autorités communales et provinciales qui se sont succédé, notamment les hauts-commissaires, pour les efforts consentis dans la gestion du dossier.
Prenant également la parole, Ouidi Naaba, l’un des propriétaires terriens, a salué l’initiative des autorités, rappelant que « construire est un acte noble ». Il a relevé l’évolution progressive du cadre de vie dans la commune et estimé que le moment est venu de refermer définitivement ce chapitre. À l’instar des autres intervenants, il a insisté sur la nécessité d’une communication claire et régulière sur les prochaines étapes du projet. « Le temps de cultiver est proche et nous nous tournons vers les autorités pour savoir si les travaux vont commencer bientôt, afin de pouvoir nous situer et savoir si nous allons pouvoir cultiver ou pas », a-t-il exhorté.
Conscientes que le développement local ne peut se faire sans l’adhésion de tous, les populations de Raguitenga se disent désormais prêtes à avancer main dans la main avec les autorités pour la concrétisation effective de la cité communale de Korsimoro, annoncée depuis 2016. Cela, dans une communication fluide et apaisée.
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Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf






