samedi 10 janvier 2026
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Cinéma : La réalisatrice Apolline Traoré partage son expérience avec les étudiants de l’ISIS

L’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) a tenu, ce vendredi 9 janvier 2026 à Ouagadougou, une masterclass à l’intention des étudiants de l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS). Cette séance d’apprentissage a servi de cadre à la réalisatrice Apolline Traoré de partager son expérience avec apprenants.

« Transmettre, inspirer et préparer la relève du cinéma burkinabè ». C’est l’objectif que s’est fixé l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) à travers l’organisation de cette masterclass au profit des étudiants de l’ISIS.
Les étudiants, ainsi que d’autres amoureux du cinéma, ont suivi avec Apolline Traoré la projection de son film Kounandi, réalisé en 2003.

La réalisatrice Apolline Traoré, dans son entretien avec les étudiants de l’ISIS, les a invités à ne pas faire du cinéma comme les Occidentaux, à plutôt s’inspirer de la culture africaine

Ce film raconte l’histoire tragique d’une jeune femme naine, Kounandi, rejetée par son village natal après le meurtre de sa mère adoptive. Elle trouve refuge auprès d’un homme marié, Karim, avant de se sacrifier par amour pour lui. L’œuvre met également en lumière la tolérance, le sacrifice et la lutte contre les préjugés sociaux.

Selon la réalisatrice Apolline Traoré, le Burkina Faso n’a pas besoin de faire son cinéma comme les autres. D’où la nécessité de faire prendre conscience aux futurs réalisateurs de l’immensité des traditions nationales qui doivent être mises en valeur dans ce domaine. « Aujourd’hui, on voit beaucoup de films de jeunesse où dominent les pistolets et une certaine vision du modernisme occidental. Pourtant, nos traditions, les valeurs transmises par nos ancêtres, sont essentielles dans la création de notre cinéma », a-t-elle déclaré à l’issue de la projection.

Vue de la mobilisation des étudiants de l’ISIS

Ces valeurs constituent, selon Mme Traoré, la représentation authentique de la culture burkinabè. « Nous sommes faits de mythes. L’Afrique est faite de mythes. La transmission est d’abord orale. Tout cela forme la base de notre cinéma et sert à montrer à la jeunesse d’où elle vient », a-t-elle souligné.

Apolline Traoré a invité les étudiants de l’ISIS à retourner aux sources afin de mieux comprendre ce qu’est réellement l’Afrique en général et le Burkina Faso, particulièrement .« Chacun peut raconter son histoire à sa manière, en tant que réalisateur ou réalisatrice, tout en utilisant l’héritage laissé par nos ancêtres », a-t-elle conseillé.

Alex Moussa Sawadogo, le DG de l’ABCA a assuré que cette initiative qui vise à préparer les jeunes pour la relève va se poursuivre sous forme de rendez-vous chaque mois avec un spécialiste du cinéma

Pour le DG de l’ABCA, Alex Moussa Sawadogo, cette masterclass constitue une nouvelle initiative de son institution. Elle vise, dans un esprit de collaboration avec les écoles de cinéma, à organiser chaque mois une séance avec une personnalité importante du cinéma burkinabè. « L’idée est de donner l’occasion à ces personnalités d’échanger sur les formes de narration, l’écriture cinématographique, la production, mais aussi sur les questions de coproduction », a-t-il expliqué.

D’après Alex Moussa Sawadogo, il est essentiel de disposer d’une industrie cinématographique forte. « Si nous voulons des étudiants créatifs, capables de faire de notre cinéma une véritable plaque tournante, il est nécessaire de leur offrir l’opportunité de bénéficier du partage d’expériences des grandes figures du cinéma burkinabè », a-t-il soutenu.

Kevin Sawadogo, étudiant à l’ISIS a remercié l’ABCA pour l’initiative et la réalisatrice Apolline Traoré pour le partage d’expérience

Les étudiants, par la voix de Kevin Sawadogo, ont exprimé leur satisfaction et leur reconnaissance à l’ABCA et à Apolline Traoré pour cette initiative. « À travers ce film, elle nous a montré comment réaliser une œuvre cinématographique. Le fait qu’elle ait tourné ce film à l’âge de 23 ans constitue pour nous un véritable exemple. Cette expérience nous donne surtout de l’espoir et nous motive à croire qu’à la sortie de l’institut, nous pourrons, nous aussi, réaliser des films capables d’avoir un impact sur le cinéma burkinabè », a-t-il témoigné.

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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