samedi 14 mars 2026
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Burkina : Le Ministère de l’enseignement supérieur explique le choix d’un examen national pour les étudiants

Le Ministère en charge de l’enseignement supérieur a donné des précisions sur le nouveau cahier des charges des Institutions privées d’enseignement supérieur (IPES). C’était au cours d’un point de presse, ce mardi 18 novembre 2025. Le Ministre de l’enseignement supérieur a levé toute équivoque quant à un quelconque favoritisme du secteur public.

Selon le Pr Samuel Paré SG du Ministère en charge de l’enseignement supérieur, conformément à l’article 16 du nouveau Cahier des charges, toute IPES doit, au moment de son ouverture effective, disposer pour chaque offre de formation d’un minimum de : 03 enseignants permanents, titulaires d’un doctorat unique, d’un PhD ou équivalent, pour un institut supérieur ou une grande école ; 05 enseignants permanents, titulaires d’un doctorat unique, PhD ou équivalent, s’il s’agit d’une université.

Pour l’ensemble du personnel enseignant n’ayant pas le statut d’enseignant-chercheur, d’enseignant hospitalo-universitaire ou de chercheur, il faut une autorisation d’enseigner, délivrée par le Ministère en charge de l’enseignement supérieur.

Pr Samuel Paré expliquant les réformes du cahiers des charges des IPES

Pr Samuel Paré a indiqué que la délivrance de cette autorisation est désormais subordonnée à une formation préalable justifiée par la présentation d’un certificat de pédagogie universitaire délivré par une IESR.

« Également, toute IPES doit compter dans l’effectif total de ses enseignants : au moins 20% d’enseignants permanents après 10 années académiques de fonctionnement ; au moins 50% d’enseignants permanents après 25 années académiques. De plus, dans le même esprit, l’extension de l’IPES à nouvelle offre de formation (ou filière) impose le recrutement d’au moins un (01) enseignant permanent supplémentaire dans le domaine de l’offre de formation à ouvrir », a-t-il précisé.

Pour ce qui est du cas spécifique des IPES formant en sciences de la santé, des exigences particulières sont prévues sur la question des ressources humaines.

Pour le SG du Ministère en charge de l’enseignement supérieur, il est important de comprendre l’exigence de personnels enseignants et encadrants hautement qualifiées au regard de la sensibilité des questions liées à la Santé des citoyens et des populations.

C’est la raison pour laquelle, a-t-il insisté, toute IPES qui sollicite la délivrance d’une autorisation d’ouverture d’une offre de formation en Médecine, Pharmacie ou Chirurgie dentaire ou encore en Sciences et médecine vétérinaires, doit préalablement disposer d’au moins 60% d’enseignants hospitalo-universitaires permanents dans certaines spécialités médicales précisées dans le cahier des charges.

En plus, le Ministère de tutelle a ajouté que, ces enseignants hospitalo-universitaires enseignants permanents doivent avoir : avoir 50 ans ou moins pour au moins 50% des effectifs totaux ; avoir entre 51 et 65 ans pour au plus 30% des effectifs ; plus de 65 ans pour au plus 20% des effectifs totaux.

« Pour le cas particulier de la Santé, tout en n’excluant pas du tout le recrutement des enseignants permanents de l’institution ayant un âge supérieur à 65 ans (donc admis à la retraite), il est clairement fixé un quota qui ne saurait excéder 20 % du personnel enseignant permanent », a expliqué le Pr Samuel Paré.

En outre, le Ministère de l’enseignement supérieur a précisé qu’au sujet des offres de formation en Sciences infirmières et obstétricales (SIO), qu’elles ne relèvent plus du Cahier des charges des IPES. Pour les formations ante-Bac (de niveau BEPC ou diplômes inférieurs), elles relèveront désormais d’agrément délivrées par le Ministère de la Santé. En revanche, pour les formations post-Bac (formations universitaires), elles sont réservées aux IESR publiques. Elles devraient être créées à terme dans les universités publiques ou en affiliation avec elles pour conduire éventuellement jusqu’au doctorat.

Le débat sur les Examens nationaux

Le nouveau cahier des charges vient définitivement instituer des examens nationaux obligatoires qui n’étaient prévus que comme une simple faculté pour l’État.

Dans le principe, les diplômes délivrés par les IESR publiques sont d’office reconnus par l’État et sont dans certains cas des diplômes d’État (art. 28 du décret 2018-1271 du 31 décembre 2018 portant organisation de l’enseignement supérieur). Ce qui n’est pas le cas des diplômes délivrés par les IPES qui doivent encore faire l’objet de reconnaissance par l’État, a révélé le Pr Paré. « Il faut mentionner que par cette mesure (examen national, ndlr), l’État permet aux IPES de préparer leurs étudiants pour être présentés à des diplômes délivrés par l’État (art. 46 du décret 2018-1271) qui n’auront plus besoin de reconnaissance de l’État », a-t-il expliqué.

« Les examens nationaux concernent tout le monde aussi bien le public que le privé. C’est peut-être le cahier de charges des IPES qui a été présenté et qui prête à ces déduction. Le public a également des textes. Ce n’est pas du favoritisme au public », a rassuré le Mariette Miningou/Yougbaré, Directrice des IPES, soulignant que « ces réformes sont faites pour rehausser le niveau de l’enseignement supérieur ». « Rien ne sera fait pour diminuer la qualité de l’enseignement supérieur. Tout sera fait pour que les étudiants soit qualifiés avec des diplômes de qualité », a-t-elle ajouté.

Pour toutes les IPES ne formant pas en sciences de la santé, l’obtention des diplômes de Licence (3e année), de Master (5e année) et de Doctorat (8e année) se passera à travers des évaluations nationales, organisées par les IESR publiques pour l’ensemble des étudiants de ce domaine.

Enseignement supérieur : Les examens nationaux concernent aussi bien le public que le privé

Pour les IPES formant spécifiquement en sciences de la santé, tous les passages en classe supérieure (de la 1re année de licence à la dernière année de doctorat) feront l’objet d’évaluations nationales organisées par les IESR publiques.

« Ce dispositif vise à harmoniser les standards de formation mais aussi à dispenser les titulaires des diplômes d’IPES des procédures quelquefois longues imposées avant toute reconnaissance de ces diplômes par l’État. Les réformes engagées par le Gouvernement traduisent une volonté ferme d’améliorer durablement la qualité de l’enseignement supérieur privé, de sécuriser les parcours académiques des étudiants, et de consolider la valeur et la compétitivité des diplômes délivrés aux plans national et international », a rassuré le Pr Samuel Paré.

Ces réformes seront appliquées dès la rentrée académique 2026-2027.

Telechargez ici l’exposé du cahier des charges des IPES :

Par ailleurs, le Ministère dit rester entièrement disponible pour accompagner l’ensemble des acteurs (actionnaires, sociétaires, promoteurs, IPES, étudiants) parents d’apprenants ainsi que le public burkinabè dans la bonne compréhension et dans la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions.

Le ministère en charge de l’enseignement supérieur a fait savoir que ces réformes étaient sur la table depuis 2018.

Lire aussi : Burkina : Le ministre de l’Enseignement Supérieur présente aux responsables des instituts privés leur nouveau cahier des charges

Minute.bf

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