La 2e promotion des élèves de l’Association les Elles du Cinéma, dirigée par la réalisatrice Appoline Traoré, a officiellement marqué la fin de sa formation en réalisation et en Art dramatique dans la nuit du mardi 17 février 2026 à Ouagadougou. Parchemins en main, cette cohorte de 20 jeunes talents est désormais prête à investir le 7e art burkinabè et africain. La cérémonie de sortie s’est tenue sous la présidence du ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, en présence de Mathias Traoré et de Mikaïlou Sidibé, respectivement ministres des Serveurs du Peuple et de la Construction de la Patrie. La cérémonie a également enregistré la participation de Tina Guthrie, ambassadrice du Canada au Burkina Faso, ainsi que d’autres personnalités du cinéma.
Au total, 16 impétrants, composés de réalisateurs et d’acteurs, ont été formés par l’Association Les Elles du Cinéma et mis à la disposition du monde de l’emploi, notamment celui de la cinématographie. Formées aux techniques de réalisation et au jeu d’acteur, ces nouvelles professionnelles ambitionnent de contribuer activement au rayonnement du cinéma burkinabè.

Selon la présidente de l’Association les Elles du Cinéma, Appoline Traoré, il y a sept mois, ces jeunes n’avaient pas encore de repères clairs, mais ils étaient motivés par leur passion pour le cinéma. D’après elle, ces jeunes, aujourd’hui nantis de compétences techniques en réalisation, étaient hésitants au départ. Finalement, 16 d’entre eux ont été retenus, dont 12 en interprétation, avec 3 hommes et 4 jeunes réalisatrices.
« Il y a eu des nuits lourdes, des fatigues muettes, des silences éprouvants, parfois des larmes, mais jamais d’abandon. Car chaque pas était un choix, chaque jour une promesse tenue. Aujourd’hui, nous ne sommes pas réunis pour annoncer une arrivée. Nous sommes réunis pour reconnaître une traversée. Car ces jeunes ne quittent pas une formation, ils entrent dans la marche continue de notre cinéma », a-t-elle déclaré.

À celles et ceux qui doutent encore de la force de la transmission et de la nécessité d’ouvrir la voie aux plus jeunes, Appoline Traoré a assuré que la réalité parle d’elle-même. En effet, la promotion précédente, issue du même parcours, a porté trois films avec succès. « Trois œuvres taillées dans l’exigence, portées par la même foi. Aujourd’hui, ces trois films ont remporté dix prix aux niveaux national et international. Rien de cela n’est un hasard. C’est le fruit d’un itinéraire pensé, d’une vision assumée et d’une confiance accordée au talent qui éclôt aujourd’hui », a-t-elle fait savoir.

Elle a également appelé ces jeunes talents à agir avec professionnalisme et réaffirmé sa détermination à transmettre son savoir-faire aux plus jeunes, tout en exprimant sa reconnaissance à l’ensemble de ses partenaires.
Pour le ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette graduation professionnelle est le symbole d’un engagement sincère et l’expression vivante d’une vision nationale : celle de faire de la culture un levier stratégique de transformation sociale et de renforcement de la souveraineté nationale.

« En choisissant d’investir dans la formation aux métiers du cinéma, nous faisons le choix de l’indépendance de nos imaginaires ; nous faisons le choix de transmettre nos valeurs, de préserver notre mémoire, d’éclairer notre présent et de dessiner notre avenir. La culture n’est ni un luxe ni un divertissement, elle est un levier de développement endogène, d’unité, de résistance et de rayonnement », a-t-il signifié.
Quant à Tina Guthrie, elle a exprimé la disponibilité du Canada à accompagner le cinéma burkinabè. Selon elle, les industries culturelles et créatives jouent un rôle important dans la coopération canadienne. « Le Canada est honoré d’avoir participé au financement de ce projet grâce au Fonds canadien d’initiatives locales », s’est-elle réjouie.

Pour rappel, l’Association Les Elles du Cinéma a pour objectif principal de promouvoir les femmes dans l’industrie cinématographique africaine. Elle soutient la formation et la production de jeunes talents féminins ainsi que la création de projets. La soirée s’est achevée par la projection de 4 films réalisés par les 4 réalisatrices.
Jean-François SOME
Minute.bf






