Le procès opposant la Communauté musulmane des ressortissants burkinabè de New Jersey à l’homme d’affaires Wérémé Abdoul-Aziz Amaran a été renvoyé au 27 février 2026. Initialement inscrit au rôle de l’audience de ce vendredi, le dossier a été reporté à la demande du parquet, en raison de l’absence de la partie civile.
À l’appel de l’affaire, le ministère public a sollicité le renvoi, et pour cause, aucun représentant dûment mandaté de la communauté musulmane n’était présent à l’audience. Selon le parquet, le représentant de cette communauté, qui séjournait récemment au Burkina Faso, est déjà retourné aux États-Unis. Par ailleurs, aucun des membres présents à Ouagadougou ne dispose, dit-il, d’une procuration leur permettant de représenter légalement la communauté devant le tribunal. Le procureur a donc requis un renvoi afin de permettre à la partie civile de régulariser sa représentation.
La défense s’est vigoureusement opposée à cette demande. Pour l’avocat du prévenu, la communauté n’a plus d’intérêt à agir dans ce dossier. « Le client a déjà reçu son argent via le parquet. C’est le procureur lui-même qui a établi une décharge pour remettre l’argent à la communauté, notamment par l’intermédiaire de son représentant. Donc, nous ne comprenons pas que le parquet puisse demander le renvoi pour quelqu’un qui a déjà reçu le paiement. Cette logique nous échappe », a expliqué Me Adama Condombo, avocat du prévenu Wérémé Abdoul-Aziz Amaran.

Mieux, selon l’avocat, le représentant de la communauté musulmane de New Jersey a formalisé une demande de retrait de plainte qui a été remise au tribunal et au parquet. « Dans sa lettre, il explique que c’est un incident isolé. Sinon, M. Wérémé Abdoul-Aziz est un membre de la communauté qui gère les comptes depuis plus de trois ans. Depuis qu’il a pris la gestion des comptes, aucun incident ne s’est produit. Comme il était au Burkina, ils n’arrivaient plus à le joindre. Lorsqu’ils se sont renseignés, il leur a expliqué qu’il avait eu un problème et qu’il voulait régler une partie du montant avec l’argent de la communauté. De retour aux États-Unis, il comptait combler le reste. Dans la lettre, ils (les membres de la communauté) précisent qu’ils n’entendaient pas se constituer partie civile et ne comprennent pas pourquoi le procureur du Faso poursuit un membre de leur communauté alors qu’eux-mêmes ne souhaitaient plus le poursuivre », a détaillé l’avocat, précisant avoir produit cette lettre au président du tribunal, qui lui a demandé de la communiquer au parquet.
Du reste, l’avocat a sollicité la remise en liberté provisoire de son client, dans l’éventualité où le tribunal accéderait à la demande de renvoi du dossier.
Le tribunal a cependant rejeté sa demande, et a renvoyé le le dossier au 27 février 2026, en espérant que l’un des membres de la communauté sera présent avec une procuration pour expliquer le fondement du retrait de leur plainte.
Oumarou KONATE
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