mardi 31 mars 2026
spot_img

AES : « Les 3 pays n’ont pas un projet de société manifeste » (Sié de Bindouté Da)

Le Rassemblement des intelligences pour la sauvegarde de l’Afrique (RISA), a organisé, le samedi 27 juillet 2024 à Ouagadougou, un panel international portant sur le thème, « Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES ), une plateforme d’avenir ! ». Invité dans ce cadre, en tant que paneliste, le doctorant Sié de Bindouté Da, depuis le Nebraska aux États-Unis, a, par visioconférence communiqué sur le sous-thème « Liptako-Gourma-confédération de l’AES : regards croisés ». Pour lui, les pays de l’AES sont préoccupés par la construction de la démocratie plutôt que la refondation de l’État.

« Les présidents Goïta, Traoré et Tiani ont rallumé la flamme de l’espoir dans le continent africain », a d’emblée salué le paneliste, Sié de Bindouté Da dans sa communication sur le thème « Liptako-Gourma-confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) : regards croisés ».

En effet, pour Sié de Bindouté Da, « la création de la confédération de l’AES, dans ce contexte de recolonisation est une œuvre politique majeure ». « Longtemps spoliés et humiliés les peuples africains recherchaient un leadership de dignité afin que l’homme africain trouve sa grandeur d’antan », a souligné M. Da.

Pour lui, la confédération AES au-delà, de l’espoir qu’elle suscite, comporte en elle-même des limites. De ses dires, les pays de l’AES n’ont ni un projet de société, ni un discours d’orientation politique. « Les 3 pays n’ont pas un projet de société manifeste, ni un discours d’orientation politique. Bref, ces pays tardent à définir leur orientation doctrinale. Sont-ils dans une perspective panafricaniste où souverainiste ? », s’interroge Sié de Bindouté Da.

Une vue des participants au panel international du RISA sur l’AES

Celui-ci de se convaincre que pour l’heure, « les pays de l’AES sont plus préoccupés à construire la démocratie plutôt que de refonder l’État, l’administration. C’est pourquoi à peine née, l’AES parle déjà de parlement de l’AES, pourtant le Niger gouverne par ordonnance », a-t-il fait remarquer.

En somme, les multiples appellations de l’AES posent problème pour Sié de Bindouté Da. « Plusieurs dénominations, AES, Chartre de Liptako-Gourma, confédération de l’Alliance des États du Sahel. Mais au juste qu’est-ce que le Sahel ? A-t-il un contenu historico-culturel ? », s’est-il en outre demandé. Et d’ajouter que la confédération n’a, jusque-là, pas de drapeau.

Se doter une identité culturelle AES…

Pour sortir l’AES du tâtonnement, Sié de Bindouté Da, a donné des solutions. À cet effet, il recommande aux pays de l’AES de disposer des médias forts pour parler d’elle. « L’AES doit, a priori, avoir des médias qui vont parler de l’Afrique », a-t-il suggéré. La Confédération devrait sans débats fonder une armée confédérale et nommer immédiatement un commandant en Chef. Les États confédérés doivent commencer par des Conseils des ministres conjoints en lieu et place des conférences parlementaires, estime Sié de Bindouté Da.

« Pour se réaliser pleinement, la confédération a le devoir de se doter d’une identité culturelle, laquelle suppose obligatoirement une révolution culturelle. Et c’est cette révolution culturelle qui se projettera sur 100 ans, 200 ans et plus. Sans cela, la confédération tombera dans la situation d’Haïti », a-t-il conclu.

Il faut préciser que ce panel international a vu plusieurs autres thèmes en rapport avec l’AES être développés par des professionnels venus du Mali et du Niger.

Lire aussi ➡️ Coopération : Interconnexion des systèmes douaniers des pays de l’AES avec le Togo

Jean-François SOME

Minute.bf

spot_img

3 Commentaires

  1. QU EST CE QUE VOUS APPELEZ PROJET DE SOCIÉTÉ ? LES GARS ONT DUT QUILS NE SONT PLUS DANS VOS RÈGLES A L OCCIDENTAL. ILS DIRIGENT A L AFRICAINE DESORMAIS

  2. Merci au camarade SIE DA pour sa clairvoyance. Je pense que ce qu’il dit est l’ordre logique d’une Confédération dans une situation normale sans crise sécuritaire. Il ya un dicton Mossig qui dit que lorsque tu urine en courant il ne peut y avoir de la mousse. L’AES est née dans une triplé difficultés : Politico-economique et securitaire (socio-culturelles, religieux). Je pense à mon humble avis que le fait de précéder une Assemblée parlementaire est un choix qui respect l’option des trois transitions. C’est à dire gouverner par le peuple et pour le peuple.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Publicité

spot_img

Articles connexes

Lutte contre le grand banditisme en milieu urbain : La Police Nationale démantèle quatre réseaux de malfaiteurs à Ouagadougou

Dans le cadre de sa mission régalienne de protection des personnes et des biens, le Service Régional de...

Promotion des idéaux de la RPP : Les orchestres « Les Petits chanteurs aux poings levés » et « Les Colombes de la Révolution » renaissent de leur...

Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédrogo a présidé...

‎Santé et pharmacopée africaine : Ouagadougou accueillera le 5e congrès de la SAFHEC

‎‎Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé une audience, ce lundi 30 mars 2026 à Ouagadougou,...

Moyen-Orient : L’Iran envisage de se retirer du Traité de non-prolifération des armes nucléaires

L'Iran envisage de se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). L'annonce a été faite...