Etablissement de la CNIB : L’UPC plaide pour la réduction du coût et donne ses raisons

En conférence de presse le jeudi 26 septembre 2019 à son siège national sis à Ouagadougou, le parti du Lion, l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) a insisté sur la nécessité de subventionner l’établissement des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNBI) pour « alléger les peines des citoyens dont le niveau de vie est sans cesse en baisse ».

Dans une déclaration en date du 25 septembre 2019, l’UPC plaidait pour la réduction du prix de l’établissement de la CNIB au Burkina Faso. Ce jeudi, le parti du Lion a encore insisté sur cette demande en donnant les raisons qui sous-tendent à la formulation de cette demande.

Ce grand parti de l’opposition estime que la crise multidimensionnelle que connait le Burkina Faso provoque un déséquilibre économique et social à tous les niveaux. « Des Burkinabè fuyant les terroristes ont tout abandonné derrière eux, y compris leurs documents d’identité. Et, ces déplacés, tout comme les familles qui les accueillent, se retrouvent dans une situation de précarité où avoir un seul repas par jour est une équation ». C’est en ces termes que l’UPC a posé le problème, appelant le gouvernement à tout mettre en œuvre pour « alléger les peines des citoyens dont le niveau de vie est sans cesse en baisse ». Le parti appelle également les partenaires techniques et financiers à soutenir le gouvernement pour la réussite de cette opération.

L’UPC donne ses raisons

« L’Etat doit veiller à mettre en place un fichier d’état-civil fiable pour l’identification de nos citoyens par ces temps qui courent », a soutenu Amadou Diemdioda Dicko, 4e vice-président de l’UPC, avant de décliner, en quelque quatre points, les raisons de cette nécessité de permettre, hic et nunc, l’identification de tous les citoyens, surtout en ces temps de crise sécuritaire que traverse le pays.

Ainsi, le parti pense qu’ « avec la guerre asymétrique que nous impose des hommes sans visage, il est important pour chaque Burkinabè d’avoir un document d’identité, et pour l’Etat burkinabè d’avoir une base de données fiables sur ses citoyens. C’est un enjeu de survie et de gouvernance ». Aussi, les premières CNIB datant de 2009 et arrivant à expiration, le parti pense qu’il est impératif de réduire le coût de la CNIB à 500 FCFA pour permettre aux différents détenteurs de les renouveler.

« Les déplacés internes, ainsi que ceux qui les accueillent, se retrouvent dans une situation précaire. Ce qui fait qu’il leur est difficile de débourser 2.500 FCFA pour se faire établir la pièce d’identité », explique M. Dicko avant d’ajouter, comme autre raison qui sous-tend le plaidoyer de son parti par rapport à la subvention des CNIB, que « la crise économique a réduit drastiquement le pouvoir d’achat des ménages ».

Des initiatives personnelles qui peuvent porter un coup à la crédibilité de l’opération

Des initiatives personnes et ponctuelles se manifestent de jour en jour pour subventionner l’établissement des CNIB pour certains citoyens. Ces initiatives qui, selon les conférenciers, sont portées le plus souvent par des politiciens à l’approche des échéances électorales, sont « de nature à porter un coup à la crédibilité de l’opération d’établissement des CNIB ». L’UPC pense que la subvention de l’Etat a plus l’avantage de toucher tous les citoyens, sans discrimination, alors que « la subvention d’un politicien cible uniquement son potentiel électorat ». « Chaque camp politique prépare, certes, la campagne de 2020. Mais qu’il soit entendu que si on ne prend pas en compte les préoccupations réelles des populations, si on se voile la face devant les problèmes qui assaillent les Burkinabè au quotidien, ces élections à venir risquent d’être sans intérêt pour beaucoup de nos compatriotes », a prévenu, en guise de conclusion, Amadou Diemdioda Dicko.

Armand Kinda

Minute.bf

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