Sécurité : Quand Cheikh Anta Diop conseillait aux États d’Afrique de se sécuriser avant de penser développement

La génération Cheikh Anta Diop en collaboration avec les organisations le cadre Deux heures pour tous Deux heures pour Kamita, la ligue des Panafricanistes et le centre Valère Somé pour l’innovation politique, célèbrent en ce moment, le mois Cheik Anti Diop. Cette célébration a été ponctuée ce 18 février 2023 par un panel-débat sur la science de Cheikh Anta Diop en lien avec la sécurité des États africains.

Ce panel-débat a été convoqué pour rectifier le tir sur  les débats en lien avec la sécurité dans les Etats africains, selon la génération Cheikh Anta Diop. « Quand on suit les débats, il y a très peu de débats de connaissance et de savoir. Ce sont des émotions qui s’expriment et ce n’est pas bon. C’était important d’invoquer le savant Cheikh Anta Diop et faire le débat autour de la question », a estimé Abdoulaye Diallo Ménès, secrétaire général de la génération Cheikh Anta Diop.

Abdoulaye Diallo Ménès, secrétaire général de la génération Cheikh Anta Diop

Et justement pour faire ce débat, des « savants » ont été conviés pour discuter sur le thème : « l’œuvre de Cheikh Anta Diop et la problématique de la sécurité en Afrique ».

Le politologue Abdoul Karim Saidou etait l’un des panelistes. Pour lui, et comme l’avait indiqué Cheikh Anta Diop dans les années 1960, « la sécurité précède le développement » pour un État. Plus précisément, « Il ne s’agit pas de créer d’abord la richesse avant de chercher à sécuriser le territoire », a expliqué Abdoul Karim Saidou. Mais, malheureusement, « dans les années 60, beaucoup de chefs d’Etat ne partageaient pas cette vision de Cheikh Anta Diop. Par exemple, Félix Houpouët Bogny disait que chaque franc dépensé dans la sécurité de l’armée est un franc perdu pour le développement. Ça été la trajectoire de plusieurs États africains qui ont signé l’accord de défense avec la France à partir de 1961 en comptant sur la France en matière de sécurité intérieure », a-t-il illustré.

Abdoul Karim Saidou, paneliste

Autre combat de Cheikh Anta Diop au moment des indépendances, c’est le fédéralisme des États africains. « Il appelait les États africains dès 1960 à basculer vers une fédération parce qu’il a estimé qu’on n’avait pas d’avenir en dehors d’un Etat fédéral. Il a insisté sur l’Afrique de l’Ouest parce qu’il voyait en cette région où le projet pouvait se réaliser plus facilement », a relaté Abdoul Karim Saidou.

Cheikh Anta Diop, pour rappel, est né en 1923 au Sénégal. Il fut une figure de proue au sein des chercheurs africains contestant la vision occidentale sur l’histoire, les cultures et les civilisations de l’Afrique. C’est aussi l’un des penseurs majeurs du 20e siècle.

Mouni Ouédraogo
Minute.bf

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