L’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA) a organisé, le jeudi 29 octobre 2026 à Ouagadougou, une conférence publique sur le thème « Technologies nucléaires au service d’une agriculture productive et résiliente au Burkina Faso ». L’objectif était de contribuer, à travers le nucléaire, au renforcement de la chaîne l’autosuffisance alimentaire.
Dans un contexte marqué par des changements climatiques, la dégradation des terres, des défis de la productivité agricole et les exigences de sécurité nutritionnelle, le Burkina Faso doit mobiliser toutes les ressources de son intelligence collective pour conquérir sa souveraineté alimentaire. Dans cette dynamique, les technologies nucléaires, utilisées à des fins pacifiques, offrent des perspectives prometteuses pour améliorer les variétés végétales, optimiser la gestion de l’eau, lutter contre certaines contraintes phytosanitaires et renforcer la qualité des productions végétales.

C’est dans ce sens que l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA) a inscrit sa conférence publique, selon son Directeur général, Harouna Sawadogo. « Aujourd’hui, nous mettons le focus sur les populations. L’ABEA met un accent sur l’agriculture et les technologies nucléaires. Notre agriculture nous fait vivre, même si elle reste exposée à des contraintes comme la variabilité climatique, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau, les ravageurs et maladies des cultures, les pertes après récolte. Ces contraintes pèsent sur les rendements, sur la qualité de nos productions et sur le revenu de nos producteurs. Face à ces défis, la conquête de notre souveraineté alimentaire exige que nous mobilisions toutes les ressources de la science, et les technologies nucléaires en font partie », a-t-il déclaré. Il a rappelé que cette conférence fait suite à deux autres rencontres tenues à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso sur le rôle du nucléaire dans le développement.
Pour le Dr Sylvain Ilboudo, représentant du DG de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), cette rencontre témoigne d’une conviction essentielle selon laquelle les connaissances scientifiques et les innovations technologiques doivent être mises au service du développement national, de la prospérité des communautés et de la souveraineté du Burkina Faso.

Dans sa communication, le Pr Ismaël Henri Nestor Bassolé, Biologiste, a indiqué que les technologies nucléaires peuvent contribuer à renforcer la souveraineté alimentaire au Burkina Faso, notamment à travers l’amélioration des rendements rizicoles et la diversification des variétés. « Nous avons battu les records à Banzon avec 11,76 tonnes à l’hectare », a-t-il déclaré, soulignant le potentiel de ces technologies pour accroître la production de riz au Burkina Faso.
Pour le biologiste, les rendements nationaux du riz se situent actuellement autour de 4 tonnes à l’hectare, tandis que les meilleurs producteurs atteignent environ 6 tonnes. Avec des rendements de 10 tonnes à l’hectare, « on a doublé, voire triplé la production », a-t-il soutenu. Au-delà de l’augmentation des quantités produites, ces technologies permettent également, selon l’enseignant-chercheur Henry Ismaël Bassolé, de développer des variétés répondant à différents besoins alimentaires. « Nous avons des riz qui sont adaptés pour les diabétiques, des riz qui sont adaptés pour ceux qui fournissent beaucoup d’énergie », a expliqué le spécialiste, évoquant des variétés destinées aux sportifs et aux restaurateurs.

Cette diversification favorise aussi la valorisation des habitudes culinaires locales. « Il y a une variété même qui est adaptée pour faire notre riz Kôgôl. Les gens pourront choisir ce qu’ils veulent, parce que présentement on n’a pas cette diversité-là », a-t-il affirmé, en référence à un riz à gros grains.
Ainsi, l’amélioration génétique des cultures par les technologies nucléaires apparaît, aux yeux de l’ABEA, comme une piste pour accroître les rendements, diversifier l’offre rizicole et contribuer à l’ambition de souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Jean-François SOMÉ
Minute.bf







