Dans le cadre de la 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA), un forum consacré à l’Intelligence artificielle (IA) s’est tenu ce jeudi 22 octobre 2026 à Ouagadougou. Placé sous le thème « Réinventer la création, la visibilité et la valeur », ce forum vise à permettre aux acteurs de l’industrie musicale de mieux s’approprier les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, tout en réfléchissant aux défis qu’elle soulève en matière de création artistique, de protection des droits d’auteur et de rémunération des créateurs.
L’intelligence artificielle représente, selon le conférencier Jean Yves Kokou, un véritable enjeu pour tous les secteurs, notamment celui de la création artistique. « L’essentiel est de permettre aux acteurs de l’industrie de comprendre ce qu’est l’intelligence artificielle, ses usages et les moyens de l’utiliser correctement tout en préservant les cultures africaines », a-t-il indiqué.
Concernant l’utilisation de l’IA par les artistes, le panéliste a insisté sur la nécessité de connaître les règles et les contrats d’utilisation de ces outils, notamment en matière de propriété intellectuelle et d’exploitation des œuvres d’autres artistes. L’intelligence artificielle, dit-il, constitue un outil important dans le domaine du marketing, notamment pour mieux comprendre le public, ses habitudes d’écoute et ses attentes.

Sur la question des données, Jean Yves Kokou a invité les artistes à faire preuve de rigueur dans l’identification de leurs œuvres, en précisant notamment le genre musical, la langue utilisée, les instruments, les compositeurs et les auteurs. « Si je devais donner juste un conseil, le premier, c’est d’avoir une vraie rigueur sur l’identification de tous les acteurs d’une œuvre », a-t-il déclaré. Abordant la possibilité pour l’Afrique de développer ses propres outils d’intelligence artificielle, le panéliste a indiqué que la première étape consiste à structurer les données à travers une cartographie des langues, des genres musicaux, des styles, des instruments et des cultures africaines.
La secrétaire générale du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), Chantal Kaboré/Forgo, a pour sa part attiré l’attention sur les défis que pose l’intelligence artificielle en matière de protection des œuvres littéraires et artistiques. Selon Mme Forgo, la législation actuelle ne permet pas d’attribuer des droits d’auteur à une œuvre entièrement générée par l’IA. « Des solutions techniques sont en cours d’élaboration afin de distinguer les créations humaines de celles générées par l’intelligence artificielle et de mesurer le degré d’intervention humaine », a-t-elle signifié, tout en insistant sur la nécessité de rémunérer les créateurs dont les œuvres sont utilisées pour entraîner les systèmes d’IA.

La secrétaire générale du BBDA a par ailleurs annoncé que le Bureau a révisé son règlement général, prévoyant notamment l’utilisation de l’International Standard Recording Code (ISRC) pour assurer l’identification et la traçabilité des œuvres musicales exploitées en ligne et faciliter la rémunération des titulaires de droits.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique du thème général de la 9e édition des REMA, « Followers : de passifs à actifs ». Les activités se poursuivent ce jeudi soir, à partir de 20 heures, avec le Showcase Focus Burkina, prévu à la Cité de la musique.
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Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO
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