La 9e édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA) a ouvert ses portes, ce mercredi 21 octobre 2026, au Centre Culturel du Faso. Placée sous le thème « Followers : de passifs à actifs », cette grand-messe de la musique africaine se veut le cadre d’une transformation économique et professionnelle de l’écosystème musical. Un enjeu capital salué par les autorités burkinabè et les partenaires internationaux.
C’est parti pour la 9e édition des 9e édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA). « Followers de passifs à actifs », un thème pour repenser l’économie musicale.

La cérémonie de lancement a été l’occasion pour Michel Saba, représentant le Ministre en charge de la Culture, de tracer la feuille de route d’un secteur en pleine mutation. « Nous devons faire de la musique un véritable secteur économique, offrir des perspectives à notre jeunesse et contribuer à l’émergence du Burkina Faso. Les REMA s’inscrivent dans cette veine », a-t-il déclaré devant un parterre d’artistes et de professionnels. Il a souligné la pertinence du thème de cette année, qui interpelle les acteurs sur la nécessité de convertir l’audience numérique en véritable levier de développement. « À l’ère du numérique, les artistes disposent de nouvelles possibilités », a-t-il ajouté, invitant la jeunesse à s’approprier les outils digitaux pour pérenniser leurs carrières.
REMA 2026 : « Followers de passifs à actifs », un thème pour repenser l’économie musicale. Les explications de Alif Naaba
Pour Alif Naaba, promoteur des REMA, cette 9e édition se distingue par plusieurs innovations majeures. « C’est une édition qu’on ne veut pas longue, une cérémonie très musicale. Cette année, on a fait une soirée de lancement au lieu d’une cérémonie d’ouverture comme d’habitude les matins », a-t-il expliqué.
Autre nouveauté : la scénographie installée dans la cour du Centre Culturel pour accueillir un large public, avec « deux jours de concerts au lieu d’un seul comme chaque année ». Le promoteur a annoncé la mise en place d’un système de cashless sur tout l’espace, une première pour l’événement. « Nous promettons de grands concerts », a-t-il assuré, se réjouissant du buzz suscité sur les réseaux sociaux.

Interrogé sur la vision derrière le thème « Followers : de passifs à actifs », Alif Naaba a été limpide : « Comment faire pour que nos followers, ceux qui nous suivent, viennent à nos concerts ? ». Il a cité l’exemple de l’artiste Blacky La Melo. « Si seulement 2 % de ses fans venaient, ils rempliraient l’espace », a-t-il précisé. L’ambition est donc de dépasser le simple « like » pour amener le public à acheter les albums, streamer les titres, regarder les vidéos des artistes burkinabè et assister aux concerts. « C’est un chemin qui peut être long, mais il faut qu’on y aille », a-t-il reconnu.
Cette année, 18 pays sont représentés aux REMA. Le programme, qui s’étend jusqu’au samedi 24 octobre, promet un riche menu d’activités. Ce jeudi, les participants se pencheront sur l’intelligence artificielle lors d’un forum à l’Hôtel Bravia, avant de laisser place à la musique avec un showcase « Focus Burkina » à la Cité de la Musique. Ce concert met en scène cinq artistes formés durant une semaine en résidence créative. « Il y a du talent au Burkina, venez le découvrir, c’est gratuit », a invité le promoteur. Des rencontres B2B sont également prévues dès 13h à Azalai. La journée de vendredi sera consacrée aux conférences et à l’activité « Jeunes en Action », tandis que le « REMA Play Focus International » animera la soirée. La journée de samedi s’achèvera par une table ronde, la finale du tournoi « Maracana » sur le terrain de Ouaga 2000, et une clôture en apothéose au Centre Culturel du Faso. Les familles sont invitées au « REMA Village enfants », samedi de 14h à 17h, avec des concerts et des jeux gratuits pour les plus jeunes.

Alif Naaba a salué l’accompagnement du ministère de la Culture, notamment sur le volet IA et le projet Focus, ainsi que tous les partenaires, bénévoles et acteurs culturels. « Nous avons pour ambition de pousser notre musique, d’être inlassablement derrière toute occasion pour mieux positionner nos jeunes », a-t-il conclu, convaincu que les talents burkinabè peuvent hisser le pays au rang des panthéons de la musique sur le continent.
Les mélomanes sont invités à suivre les concerts live qui mettront à l’honneur des talents nationaux, notamment Abibou Sawadogo et Bil Aka Kora et bien d’autres artistes.
Lire aussi : Musique : « Nous voulons faire des REMA, le premier événement africain » (Alif Naaba)
Minute.bf







