La 5ᵉ édition du Symposium international sur le transport et la logistique (Translog Africa) s’est poursuivie ce mercredi 21 octobre 2026 à Ouagadougou avec plusieurs panels consacrés aux défis du secteur. À travers le panel III, placé sous le thème « Industrialisation, financement des infrastructures logistiques et intelligence économique », trois experts ont mis en lumière les leviers nécessaires pour renforcer les infrastructures, mobiliser les financements et améliorer la compétitivité des économies africaines.
La logistique, le financement des infrastructures et la maîtrise de l’information constituent des leviers essentiels pour accélérer l’industrialisation du continent. C’est le principal communications présentées lors du panel III de Translog Africa 2026.

Intervenant sur le sous-thème « Logistique et industrialisation en Afrique : quel rôle pour les acteurs du transport et de la supply chain ? », Nazaire Moko Mbota, cadre en administration des affaires et en sciences économiques, directeur chargé des missions à l’OGEFREM, a souligné l’importance stratégique de la logistique dans le développement industriel.
Selon lui, la dépendance à plusieurs corridors régionaux, les coûts élevés du transport, les retards aux frontières et les insuffisances en matière de traçabilité constituent des obstacles à la compétitivité.

Nazaire Moko Mbota a ainsi rappelé qu’une usine performante ne suffit pas à garantir une production efficace si les matières premières arrivent tardivement ou si les chaînes d’approvisionnement sont perturbées.
Pour renforcer cette dynamique, il a mis en avant la complémentarité entre les acteurs du transport, chargés d’assurer la circulation fiable des marchandises, et ceux de la supply chain, responsables de la planification et de la coordination des flux.

De son côté, Augustin Karanga, économiste des transports et consultant, a abordé la question de la gouvernance, du financement et des partenariats nécessaires au développement des infrastructures logistiques. Il a notamment insisté sur le rôle des plateformes logistiques dans le transit, le tri et la redistribution des marchandises. Pour l’économiste des transports et consultant situées à proximité des grands axes de transport, elles favorisent l’intermodalité, accélèrent les livraisons et contribuent à réduire la congestion routière ainsi que les émissions de CO₂.
Toutefois, leur développement reste confronté à plusieurs contraintes, notamment l’insuffisance des infrastructures, la faiblesse des financements et la lenteur des procédures douanières. Face à ces défis, le consultant a préconisé une meilleure préparation des projets, le renforcement de leur viabilité financière et la coordination des bailleurs de fonds. Il a également plaidé pour la digitalisation des procédures et la mise en place de guichets uniques afin de fluidifier les opérations sur les corridors.

Le Dr Honoré Ouédraogo, enseignant-chercheur, expert en intelligence économique et stratégie et directeur général de Burkina Compétitivité SARL, a mis l’accent sur la veille stratégique. Il a présenté l’intelligence économique comme une démarche de collecte, de maîtrise et d’exploitation de l’information au service de la décision.
Selon, le Dr Honoré Ouédraogo, dans le domaine logistique, cette maîtrise permet d’anticiper les risques, de limiter les pertes et de réduire les coûts. À l’inverse, une mauvaise gestion de l’information peut compromettre l’efficacité des opérations. Pour l’expert, l’enjeu consiste donc à transformer les données disponibles en connaissances utiles, puis en décisions et en actions concrètes.

Ces échanges ont mis en évidence la nécessité d’associer infrastructures adaptées, financements efficaces, coordination des acteurs et maîtrise de l’information pour faire de la logistique un moteur de l’industrialisation et de la compétitivité en Afrique.
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Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf







