Burkina : 50 détenus de la Prison de Haute Sécurité bénéficient d’un projet de déradicalisation et de réinsertion

Le projet RECONSTRUIRE, porté par la Coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale, a officiellement lancé ses activités au sein de la Prison de Haute Sécurité dans la région de l’Oubri. Le projet a pour objectif de valider un modèle de déradicalisation et de réinsertion socio-économique destiné à cinquante détenus. C’était en présence du Directeur général de l’Administration pénitentiaire l’inspecteur divisionnaire de sécurité pénitentiaire Sabila Sawadogo.

La Coalition Jam et l’administration pénitentiaire unissent leurs efforts pour la déradicalisation des détenus. En effet, le projet « Reconstruire le Vivre ensemble au sein des communautés vivant dans les régions du Sahel et du Nord » y déploie un dispositif de déradicalisation et de réinsertion socioéconomique intégrée (DRSI), dont le modèle a été lancé à la Prison de Haute Sécurité (PHS).

Un aperçu des officiels

C’est Dala Fidèle Konaté, chargé de mission représentant le ministre de la Justice, qui a donné le top départ de cette phase pilote. Devant les participants, il a souligné l’importance d’une approche concertée pour traiter la question de la radicalisation en milieu carcéral, un défi qui interpelle l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale.

Le choix de la Prison de Haute Sécurité comme site pilote ne relève pas du hasard. L’établissement accueille des détenus issus de divers champs d’opération, présentant des niveaux de radicalisation hétérogènes.

Le Directeur général de l’Administration pénitentiaire l’inspecteur divisionnaire de sécurité pénitentiaire Sabila Sawadogo saluant cette initiative

La promiscuité et la coexistence de profils variés au sein d’un même espace constituent, de l’aveu même des porteurs du projet, une difficulté majeure qui justifie un traitement spécifique.

« Un tel projet au profit des pensionnés de la prison de haute sécurité, nous avons pensé dans l’élaboration de notre projet qu’au sein de la prison, la promiscuité, les niveaux de radicalisation différents des personnes qui sont prises au niveau des champs d’opération constituent un problème », a expliqué Herman Kalmogo, chef du projet. « Il faut vraiment traiter en termes de déradicalisation, en termes d’appui psychosocial pour que ces personnes-là, surtout avec la vision du Président du Faso, puissent mieux se réinsérer au niveau social », a-t-il ajouté.

Herman Kalmogo, chef du projet, expliquant les objectifs du projet

Le dispositif repose sur quatre axes opérationnels distincts. Le premier consiste en une évaluation initiale approfondie de chaque détenu bénéficiaire, destinée à établir un profil individuel et à définir un parcours d’accompagnement adapté. Viennent ensuite les thérapies et l’accompagnement psychosocial, qui incluent des séances individuelles et de groupe. Le troisième axe concerne spécifiquement la déradicalisation, avec des modules religieux visant à déconstruire les idéologies extrémistes. Enfin, une évaluation finale et une formation professionnelle doivent doter les détenus de compétences leur permettant d’envisager une réinsertion effective. « Les données qu’on va avoir vont permettre aux spécialistes qui vont travailler avec nous de pouvoir faire ce profil professionnel d’accompagnement », a précisé le chef de projet.

L’Inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Piga Zongo, directeur de la PHS exprimant son adhésion sans réserve au projet

Pour l’administration pénitentiaire, l’initiative répond à des besoins récurrents. L’Inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Piga Zongo, directeur de la PHS, a exprimé son adhésion sans réserve. « Ce projet est le bienvenu dans un établissement pénitentiaire comme la prison de haute sécurité dont les besoins se posent de manière récurrente », a-t-il affirmé. L’Inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Piga Zongo a identifié trois objectifs spécifiques au dispositif : « la réintégration sociale des pensionnaires, la prévention de la récidive par des programmes de réhabilitation adaptés, et la protection de la société par la réduction du potentiel de violence et de radicalisation future ». « Nous en sommes fiers. J’ai demandé à chacun d’adhérer et de s’engager pleinement pour qu’à la fin, nous puissions avoir vraiment un projet réussi au moins à plus de 90 % », a ajouté le directeur de la PHS, qui formule le vœu de voir un tel dispositif étendu aux autres établissements pénitentiaires du pays.

Une photo de famille des officiels

L’originalité du projet tient également à son ancrage territorial. Le projet RECONSTRUIRE intervient dans onze communes du Burkina Faso, réparties entre les ex-régions du Sahel, du Nord et de l’Est.

La phase pilote concerne cinquante détenus sélectionnés selon des critères qui ont été discutés et validés. Le projet s’étend sur deux ans, de janvier 2026 à décembre 2027.

Lire aussi : Prison de haute sécurité : L’administration pénitentiaire inaugure une nouvelle porcherie au profit de la formation professionnelle des détenus

Exposition du savoir-faire des détenus

Mathias KAM
Minute.bf

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