L’étudiant Adama Kafando a soutenu son mémoire de fin de cycle de master en arts du spectacle et des métiers de la création artistique (AMCA), option Arts de la scène, ce jeudi 17 septembre 2026 à l’université Joseph Ki-Zerbo. À l’issue de sa présentation, le jury a jugé le travail recevable et lui a décerné la mention « Très bien », avec la note de 17/20. Le jury était composé du Pr Bernard Kaboré, président, et du Dr Arouna Yaméogo, membre critique. Le directeur de mémoire, le Dr Pingdwindé Issiaka Tiendrébéogo, n’était pas présent à la soutenance, mais il a transmis une note de reconnaissance du travail de l’impétrant, qui a été lue par le Dr Arouna Yaméogo.
Peu explorée dans les recherches consacrées au théâtre burkinabè, la scénographie est au cœur du mémoire de master II soutenu par Adama Kafando. Sous le thème « Approche anthropologique de la scénographie dans le théâtre burkinabè : étude de Bandiougou, mise en scène par Jacques Matthiessen, et de Pukri, mise en scène par Vincent Bazié, scénographe Issa Ouédraogo », Adama Kafando montre comment les objets, la lumière et l’organisation de l’espace scénique peuvent devenir des vecteurs de valeurs et de références culturelles.

À travers ce thème, M. Kafando cherche à comprendre la manière dont les références traditionnelles et les procédés contemporains se combinent dans la construction du spectacle. Pour lui, le choix de cet angle part d’un constat : la scénographie ne saurait être réduite à sa fonction esthétique. Il montre notamment que les objets, les costumes, la lumière et l’organisation de l’espace scénique participent à la construction du sens. Ces éléments sont également choisis en fonction du public, de la localité où le spectacle est présenté et des connaissances du scénographe. « Ce n’est pas uniquement pour rendre beau, ce n’est pas le décor seulement, mais ça fait passer des messages de valeurs culturelles », a expliqué l’impétrant.
Deux spectacles, deux approches scénographiques
L’étude met en parallèle Bandiougou et Pukri, deux créations qui ne s’adressent pas au même public et ne mobilisent pas les mêmes procédés scénographiques. Dans Pukri, destinée notamment à un public de spécialistes et de critiques, la lumière joue un rôle central dans la délimitation des espaces. Les objets traditionnels utilisés nécessitent, selon l’impétrant, une certaine connaissance du contexte culturel burkinabè pour en saisir pleinement la portée symbolique.
À l’inverse, Bandiougou, conçue pour le jeune public, privilégie des éléments facilement identifiables. « Quand on voit un artificiel, quand on se reconnaît, quand on voit aussi la famille qui est assise au tout, on sait qu’on est dans une cour ; quand on voit les gardes avec la canne et tout ça, on sait que c’est dans une cour royale », a étayé Adama Kafando. La scénographie devient ainsi un langage permettant au spectateur de se reconnaître dans l’univers représenté et de comprendre plus aisément les messages portés par la pièce.
Au terme de ses travaux, les difficultés rencontrées par l’impétrant, de ses dires, restent la mobilité du scénographe Issa Ouédraogo, dont les multiples déplacements ont allongé le temps consacré à l’étude, ainsi que les conditions de recherche à l’université. Mais malgré les difficultés, dit-il, « nous sommes parvenus au terme de notre travail ».

En effet, Adama Kafando estime avoir contribué à une meilleure compréhension des objets traditionnels mobilisés dans la scénographie burkinabè. Il a ainsi souhaité que son mémoire puisse servir de point de départ à d’autres recherches. « Je suis très content d’avoir, malgré certaines difficultés, réussi à soutenir mon thème. Cela va permettre aux nouveaux venus, à tous ceux qui voudront aborder un travail dans ce sens, de savoir qu’une personne a déjà travaillé sur la scénographie et que cela peut servir de documentation pour élargir dans d’autres aspects de la scénographie », a soutenu M. Kafando.
Un travail considéré comme pionnier
Dans son appréciation du mémoire, le directeur de mémoire, le Dr Pingdwindé Issiaka Tiendrébéogo, absent lors de la présentation, a transmis une note de reconnaissance du travail de l’impétrant, qui a été lue par le Dr Arouna Yaméogo. Dans cette note, le directeur de mémoire a donné un avis favorable à la soutenance, estimant que le travail répond globalement aux exigences d’un mémoire de master II en arts du spectacle et des métiers de la création artistique.
Le Dr Tiendrébéogo a également estimé que l’impétrant a choisi « une question relativement peu explorée dans les recherches consacrées au théâtre burkinabè : la scénographie. Et ses recherches lui ont permis de dépasser une lecture centrée uniquement sur le texte dramatique, le metteur en scène ou le comédien », a-t-il dit.
Pour le Dr Arouna Yaméogo, enseignant d’art pratique et de sémiologie à l’université Joseph Ki-Zerbo et membre critique, l’analyse relève également l’intérêt scientifique du sujet. « Peu d’étudiants s’aventurent sur la question de la scénographie. C’est une question délicate », a-t-il affirmé, en saluant le choix du candidat.
Pour le Dr Kaboré, « la scénographie joue un grand rôle dans la consistance du théâtre ». Il considère, par ailleurs, le mémoire comme un travail pionnier qui mérite d’être davantage connu.
Le membre critique a ainsi appelé à la poursuite de cette dynamique, notamment à travers la vulgarisation du travail. « Il faut qu’il serve d’exemple », a insisté le Dr Arouna Yaméogo, estimant que cette recherche peut encourager d’autres étudiants à investir des domaines encore peu explorés des études théâtrales.
Nadège KINDA
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