Dans le cadre de sa mission de prévention des accidents de la circulation, l’Office national de la sécurité routière (ONASER) a organisé, dans la nuit du samedi 28 août 2026, une vaste opération de contrôle sur la Route nationale n5 (RN5), à Ouagadougou. Menée en collaboration avec la Police nationale et la Police municipale, cette action s’est déroulée sur la route de Pô, à l’intersection avec l’avenue Sembène Ousmane.
Face à la récurrence des accidents, l’Office national de la sécurité routière (ONASER) multiplie les actions de sensibilisation et de répression afin de protéger la vie des usagers.

Au cours de cette sortie nocturne, les agents ont relevé de nombreuses infractions : non-port du casque et de la ceinture de sécurité, conduite en état d’ivresse, mais aussi des irrégularités liées au chargement des véhicules et à l’éclairage.
Selon le commissaire principal de police Moïse Wendlaneba Ouédraogo, directeur de la normalisation et des opérations à l’ONASER, cette opération vise à rappeler aux conducteurs les règles essentielles de sécurité routière et à les inciter à adopter des comportements responsables.
Plusieurs motocyclistes ont ainsi été refoulés pour défaut de port du casque. « Dans la journée, la tendance est plutôt bonne. Mais la nuit, certains pensent que les Forces de défense et de sécurité ne sont pas là et négligent cette règle.

Désormais, nous refoulons systématiquement », a expliqué M. Ouédraogo. Il a insisté sur le fait que le port du casque doit être systématique, quelle que soit l’heure. « Chacun a intérêt à porter son casque. L’objectif de la sécurité est clair », a-t-il ajouté, précisant que les opérations sont entrées dans une phase répressive après une période de sensibilisation.
L’alcoolémie également ciblée
Outre le port du casque, les agents ont procédé à des tests d’alcoolémie. Plusieurs conducteurs ont été soumis à l’éthylotest, et des résultats positifs ont été enregistrés, avec un taux maximal mesuré à 0,420 g/l d’air expiré.

Le commissaire principal Ouédraogo a rappelé que tout usager peut être contrôlé à tout moment. « Si vous avez bu, il vaut mieux ne pas prendre la route », a-t-il martelé, en insistant particulièrement sur la responsabilité des conducteurs professionnels. « On ne peut pas exercer ce métier, boire et reprendre le volant », a-t-il déclaré.
D’autres infractions constatées
L’ONASER a également relevé l’usage de feux LED en tant que phares, ainsi que des pratiques dangereuses liées au transport de personnes et au non-respect des règles de circulation.

Le directeur de la normalisation et des opérations à l’ONASER a par ailleurs rappelé l’interdiction formelle pour les enfants de moins de 14 ans de conduire une motocyclette. En cas de manquement, les parents sont convoqués sur place pour la prise en charge de la situation.
Parmi les conducteurs contrôlés, Dramane Kindo a été testé positif avec un taux de 0,1 g/l, bien qu’il affirme n’avoir jamais consommé d’alcool. Les agents lui ont expliqué que ce résultat pouvait être dû à la consommation de certains aliments fermentés. Malgré cette surprise, M. Kindo a salué l’initiative de l’ONASER.
Précisons que l’alcootest mesure le taux d’alcool présent dans l’air expiré par le conducteur. Le seuil légal d’alcoolémie au Burkina Faso est de 0,5 g d’alcool par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d’air expiré. Pour certaines catégories de conducteurs, notamment les nouveaux conducteurs, les professionnels de la route, les enseignants et évaluateurs d’auto-école, la tolérance est encore plus stricte : 0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d’air expiré.

Foly Foley, quant à lui, a été refoulé pour non-port du casque. « J’avais pourtant mon casque, mais je l’ai laissé à la maison alors que je partais chercher quelqu’un », a-t-il confié. Il a toutefois compris la démarche des agents : « C’est normal d’agir ainsi pour tout le monde. À force, on finira par adopter les bons réflexes ».
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D’autres usagers, en revanche, ont passé le contrôle sans aucune infraction. C’est le cas de Victoire Bado, qui portait sa ceinture de sécurité et disposait de tous ses documents en règle. Il a également félicité les Forces de l’ordre et l’ONASER pour leur travail, tout en invitant ses concitoyens à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité. « Il suffit de les respecter pour rouler en toute sérénité », a-t-elle conclu.

Le Commissaire principal de police Moïse Wendlaneba Ouédraogo a assuré que ces contrôles seront maintenus et renforcés jusqu’à la fin de l’année, de jour comme de nuit.
Pour mémoire, au cours du mois écoulé, près de 1 700 accidents ont été enregistrés, faisant environ 1 400 blessés et 113 morts, contre 91 décès le mois précédent.
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Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf






