L’Association Jeunes Faiseurs de Paix a posé ses valises le mercredi 12 août 2026 dans l’Arrondissement 11 de Ouagadougou pour la huitième étape de sa Caravane « Graines de Cohésion ». Lancée en novembre 2025, cette initiative entend faire du dialogue interreligieux et intercommunautaire un rempart contre les divisions, dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux. En marge de la cérémonie, l’historien Dr Maître de conférences Koudbi Kaboré, enseignant-chercheur à l’Université Joseph Ki-Zerbo, a souligné dans sa communication que le dialogue doit devenir un vécu, pas un simple discours.
La huitième étape de la Caravane « Graines de Cohésion » ne s’est pas limitée à une simple visite protocolaire dans l’Arrondissement 11 de Ouagadougou.
Elle a été marquée par des échanges profonds autour du dialogue interreligieux, animés par des figures religieuses et académiques.

L’historien et enseignant-chercheur Dr Maître de conférences Koudbi Kaboré, intervenant sur le thème du dialogue interreligieux comme outil de consolidation de la paix, a partagé l’expérience des communautés chrétiennes et musulmanes de Dori, qui vivent en harmonie depuis les années 1970.
L’enseignant-chercheur a invité les participants à dépasser la simple tolérance. « La tolérance ne suffit pas. Quand vous allez au-delà de la tolérance, le dialogue veut dire que vous pouvez être ensemble, travailler ensemble pour relever les défis communs », a-t-il expliqué, appelant à faire du dialogue un vécu quotidien plutôt qu’un simple discours. « Les appels à la paix ne suffisent pas, il faut le montrer par l’exemple », a précisé l’enseignant-chercheur.
Pour Dr Kaboré, « en situation de méfiance, on a besoin de discours rassurants, de gens qui émergent pour donner de l’espoir ». Il estime par ailleurs que « la force contre les crises, c’est de ne pas se laisser diviser davantage ».
L’historien a également souligné que la crise, bien qu’éprouvante, doit servir à consolider les liens entre les communautés. Dr Kaboré a en conséquence appelé à dépasser les préjugés et à s’unir pour travailler ensemble, allant ainsi au-delà des différences.
Le président du Centre culturel islamique du Burkina (CCIB), Imam Alidou Ilboudo, a renchéri en rappelant le rôle fondamental des guides spirituels dans l’édification de la nation. « Le leader religieux, dans le contexte actuel de notre pays, doit contribuer à construire la nation par des paroles fortes et par l’engagement personnel, ainsi que celui de ses disciples, et non pas être celui qui va contribuer à la destruction ou être à la source de divisions », a-t-il martelé.
L’imam Ilboudo a mis en garde contre toute instrumentalisation de la foi à des fins de division, insistant sur l’idée que la religion doit relier les hommes à Dieu et, par là même, les rendre utiles à l’humanité tout entière. « En islam, on dit que l’humanité est la famille de Dieu, et celui que Dieu aime le plus est celui qui est utile à la famille de Dieu », a-t-il souligné.

Les échanges entre les communicateurs et les participants, parmi lesquels des chefs coutumiers et des leaders religieux, ont permis de rappeler que la paix se construit au quotidien, dans les familles, les lieux de culte et les quartiers, loin des seules grandes décisions institutionnelles.
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Mathias KAM
Minute.bf






