Le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH) a présenté, le 30 juillet 2026, le bilan complet de la mise en œuvre de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025. Fort de ces résultats probants, le Gouvernement a décidé de reconduire l’offensive pour une deuxième phase, prévue sur la période 2026-2028, avec un budget global dépassant les 840 milliards de F CFA, selon les données du ministère en charge de l’Agriculture.
Lancée en 2023 pour atteindre la souveraineté alimentaire à l’horizon 2025, l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) a mobilisé 273,99 milliards de FCFA sur les 592 milliards prévus. Avec des records de production sur le riz et le maïs, la création de plus de 91 000 emplois et une hausse de 4,67 % du PIB global, le bilan présenté par le Secrétaire technique Amos Kienou dessine les contours d’une transformation structurelle réussie, malgré des défis sécuritaires et un gap d’investissement privé.

Selon le Secrétaire technique Amos Kienou, l’objectif affiché dès le départ était d’assurer la souveraineté alimentaire du Burkina Faso en couvrant les besoins de consommation de la population tout en réduisant la dépendance aux importations.
Pour ce faire, huit filières stratégiques ont été ciblées, parmi lesquelles le maïs, le riz, la pomme de terre, le poisson, la volaille et le bétail-viande, sur la base de critères précis comme l’importance dans la consommation nationale, le potentiel productif ou la capacité à générer des emplois décents pour les couches vulnérables.
Des investissements massifs mais un appel manqué au privé
Sur le plan financier, l’État a mobilisé 273,99 milliards de FCFA sur les 275 milliards attendus au titre du financement public, soit un taux de réalisation de 99,63 %. En revanche, la composante privée, estimée à 317 milliards de FCFA pour les périmètres irrigués, n’a enregistré aucun investissement, ce qui constitue le principal point d’ombre de cette phase.

Le coût global prévisionnel de l’offensive était fixé à 592 milliards de FCFA, mais sans la contribution espérée du secteur privé, le dispositif a dû s’appuyer presque exclusivement sur les ressources publiques. Malgré un contexte sécuritaire toujours tendu dans certaines zones et une pression phytosanitaire modérée, les résultats physiques sont au rendez-vous.
Selon les données du Ministère en charge de l’agriculture, les aménagements agricoles ont connu une progression significative avec 11 774 hectares de périmètres irrigués réhabilités ou nouvellement aménagés, et 41 275 hectares de bas-fonds, dont plus de 25 000 hectares réalisés par l’approche communautaire, jugée efficace et efficiente. Par ailleurs, 485 forages à gros débit ont été réalisés et des milliers d’équipements, tracteurs, motoculteurs, semoirs, motopompes, ont été mis à disposition des producteurs, tandis que 1 545 cages flottantes piscicoles ont été installées pour soutenir la filière poisson.
Des records de production dans plusieurs filières
À en croire Amos Kienou, les performances de production sont éloquentes. La filière riz a franchi le cap symbolique du million de tonnes de paddy, atteignant 1 013 000 tonnes, soit 101 % de l’objectif, avec une progression de 136,61 % par rapport à la moyenne 2020-2022. Le maïs affiche également un taux d’atteinte de 134 %, avec 2 680 000 tonnes produites. La pomme de terre, le poisson, la volaille et les petits ruminants enregistrent eux aussi des résultats notables, bien que certains objectifs comme celui du poisson (58,47 % atteint) ou du renouvellement des vergers de manguiers (63,4 %) restent partiellement à consolider. La relance du blé sur 2 526 hectares, pour une production de 9 806 tonnes en 2025, constitue une avancée majeure dans la diversification des cultures.
Selon le responsable technique Amos Kienou, l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) a également été marquée par des réformes institutionnelles profondes, avec la restructuration de la SONAGESS et la création de nouvelles entités comme la SOBIMAP, la CAMVET, l’ONBAH, le Conseil Burkinabè des Filières, Faso Kosam, Faso Guulgo, ainsi que les Brigades de mécanisation agricole. Sur le plan sanitaire, des campagnes de vaccination massive ont été menées contre les principales maladies animales et la pisciculture a bénéficié d’un traitement spécifique avec la gratuité de la vaccination contre la streptococcose.
Des impacts significatifs sur l’économie et l’emploi
Les impacts macroéconomiques et sociaux sont sensibles. « Le PIB agricole a progressé de 12,13 % et le PIB global de 4,67 %. Le taux de couverture des besoins céréaliers atteint désormais 124 %. En termes d’emploi, 91 027 postes ont été créés, dont 35,2 % occupés par des femmes, avec 26 202 emplois permanents. Les revenus des ménages ruraux ont augmenté de 7,5 % et ceux des ménages urbains de 2,5 %. L’offensive a aussi bénéficié à 4 724 personnes déplacées internes et à 289 Volontaires pour la défense de la patrie, intégrés dans les différents dispositifs de production », a détaillé Monsieur Kienou.

Au-delà des résultats, beaucoup de leçons ont été apprises, foi du Secrétaire technique. Il a révélé que l’expérience a montré que l’aménagement communautaire des bas-fonds est une approche pertinente, que le suivi rapproché des investissements améliore l’efficacité et que des cultures jusqu’alors marginales, le cacao, l’ananas, la vigne, la banane plantain, le tournesol, sont viables au Burkina Faso.
Enfin, le représentant du Ministère en charge de l’agriculture a rassuré que la consolidation des acquis et la prise en compte des nouveaux défis, notamment l’attraction des investissements privés et la sécurisation durable des zones productives, seront au cœur de la prochaine étape de cette offensive pour une souveraineté alimentaire désormais à portée de main.
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Mathias KAM
Minute.bf






