L’étudiant Ibrahim Ouédraogo a soutenu sa thèse de doctorat unique en Sciences du langage option sociolinguistique, le mardi 21 juillet 2026, à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ). Son travail, intitulé « Analyse morphologique et sémantique des microtoponymes : cas des noms de quartiers et des oronymes de Boussouma », lui a valu la mention « Très honorable ». Dirigée par le Dr Maître de conférence Cheick Félix Bobodo Ouédraogo, la recherche a été évaluée par un jury international présidé par le Pr Abou Napon, Professeur titulaire en Sociolinguistique au sein de cette même université.
Répertorier et cartographier les noms de lieux afin de faciliter leur identification et mettre en lumière les significations qu’ils renferment, c’est le principal objectif poursuit par Ibrahim Ouédraogo à travers cette recherche. Pendant plus de deux années, il a conduit une enquête auprès des personnes ressources de la commune de Boussouma, notamment les Tengsoba (les propriétaires terriens, ndlr), afin de recueillir ses données. Au terme de cette enquête, il a constitué un corpus de 55 unités microtoponymiques, pour analyses. Lesquelles analyses ont permis de classer les microtoponymes en plusieurs catégories. « Nous avons pu observer des microtoponymes descriptifs, des microtoponymes associatifs, des microtoponymes anecdotiques, des microtoponymes erronés, des microtoponymes commémoratifs (dédicatoires), des microtoponymes d’appartenance et des microtoponymes protecteurs. », a-t-il éclairé.

À l’issue de ses travaux, l’étudiant recommande la préservation et la documentation scientifique des microtoponymes, leur intégration dans les politiques éducatives et culturelles, leur valorisation socioéconomique et touristique, ainsi que leur standardisation. Il plaide également pour une meilleure prise en compte des appellations dans les langues nationales afin de préserver leur authenticité.
Prenant la parole au cours de cette soutenance, le Directeur de thèse, Dr Cheick Félix Bobodo Ouédraogo, n’a pas tari d’éloges à l’endroit de l’étudiant.
Il a salué un étudiant studieux et consciencieux qui a su intégrer les remarques à lui faites. « Le candidat s’est distingué par son humilité, sa courtoisie et son ouverture aux observations, ce qui a facilité le travail malgré quelques difficultés ponctuelles, rapidement surmontées grâce à son esprit d’écoute et à sa capacité de remise en question », a-t-il indiqué.

Abordant l’apport scientifique de la thèse, il a souligné que les microtoponymes et les noms propres constituent un patrimoine souvent négligé, alors qu’ils renferment des significations essentielles. « Ces noms retracent l’histoire des personnes et des communautés qui les portent, tout en révélant leurs valeurs culturelles. Leur étude contribue ainsi à préserver la mémoire collective, à mieux comprendre les réalités socioculturelles et à valoriser un patrimoine dont les enseignements revêtent une portée universelle », a déclaré Dr Ouédraogo.
Pour le président du jury, le Pr Abou Napon, le thème est d’une grande actualité. « L’analyse morphologique et sémantique des microtoponymes, notamment des noms de quartiers, permet de valoriser le patrimoine burkinabè ainsi que la langue mooré », a-t-il souligné. Il a toutefois invité l’impétrant à prendre en compte les différentes observations formulées par les examinateurs, notamment en ce qui concerne l’équilibrage des chapitres, la reformulation du thème, la méthode de présentation et la bibliographie.

Comme perspectives, le nouveau docteur en sociolinguistique souhaite étendre ses recherches à d’autres localités du Burkina Faso, participer à des colloques et conférences scientifiques, et contribuer à l’enseignement de l’onomastique au sein des université.
Au terme des délibérations, le jury a officiellement conféré à Ibrahim Ouédraogo le grade de docteur en sociolinguistique, consacrant ainsi un travail jugé pertinent. Il lui a également accordé un délai de deux semaines pour intégrer les corrections formulées par les membres du jury.
Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO (Stagiaire)
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