La Coalition des délégués élus de promotion des Universités (CODEP-Uni) a donné, ce samedi 13 juin 2026 à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), le coup d’envoi des 72 heures de l’étudiant. Cette initiative vise à promouvoir l’excellence académique et à renforcer la cohésion sociale au sein du monde universitaire. Elle est placée sous le patronage du Pr Moumouni Zoungrana, ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique.
Rendez-vous annuel mettant à l’honneur la créativité, le dynamisme et l’engagement de la communauté estudiantine, les 72 heures de l’étudiant se déroulent cette année sous le thème : « La responsabilité estudiantine dans un contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso ».
Pendant trois jours, étudiants, enseignants, personnels administratifs et partenaires se retrouvent autour d’un programme riche en activités académiques, culturelles, sportives et citoyennes.

Pour le Secrétaire général de l’Université Joseph Ki-Zerbo Ali Ouédraogo, représentant le Pr Moumouni Zoungrana, patron de la cérémonie, ces 72 heures constituent bien plus qu’un simple moment de célébration. « Je me réjouis de constater que ces 72 heures ne se limitent pas à des activités festives, mais offrent également des cadres d’échanges scientifiques, culturels, sportifs et citoyens. Elles participent ainsi à la formation intégrale de l’étudiant burkinabè », a-t-il déclaré.
Évoquant les défis sécuritaires et sociaux auxquels le Burkina Faso est confronté, M. Ouédraogo a rappelé que les étudiants ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. « L’université doit demeurer un espace de dialogue, d’analyse critique et de propositions constructives au service de la Nation », a-t-il affirmé.

Tout en exhortant les participants à tirer le meilleur parti de ces moments d’échanges pour consolider leur engagement patriotique, il leur a adressé ce message : « L’avenir de notre pays se construit aujourd’hui dans vos amphithéâtres, vos bibliothèques, vos laboratoires, mais aussi dans votre capacité à développer l’esprit d’initiative, le sens des responsabilités et la quête permanente de l’excellence ».
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, deux grands thèmes ont été développés par des panélistes. Il s’agit de Adama Siguiré, vice-président chargé des questions de développement à la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (AES) ; le Dr Boukary Nebié, chargé de mission au ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT), représenté pour l’occasion par le Dr Ido Kouama, consultant en stratégie de gestion des crises sociopolitiques ; ainsi que Justin Ouédraogo, business developer et formateur au cabinet FIDALLI.
Le premier thème, intitulé « Le rôle de l’étudiant dans la construction d’une nation souveraine et résiliente », a été développé par Adama Siguiré et le Dr Ido Kouama.

Adama Siguiré a insisté sur le rôle de l’étudiant comme acteur de la souveraineté et de la résilience nationale. Selon lui, la souveraineté repose avant tout sur la volonté d’un peuple de s’assumer, de définir ses propres politiques de développement et de compter sur ses ressources. « C’est une démarche qui ne constitue ni un repli sur soi ni un rejet des autres, mais plutôt une exigence de dignité et d’honneur », a-t-il souligné.
Dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme, monsieur Siguiré a rappelé que la résilience consiste à refuser la fatalité, à maintenir l’espoir et à poursuivre les efforts de développement malgré les difficultés. « Vous occupez une place stratégique dans ce processus, car l’université forme les futurs cadres et décideurs du pays. Vous devez comprendre les enjeux politiques et sociaux actuels, vous engager activement dans la construction nationale et contribuer, chacun à votre niveau, à la recherche de solutions aux défis du Burkina Faso », a expliqué le vice-président de la commission nationale de l’AES.
Selon Adama Siguiré, la jeunesse doit faire preuve de responsabilité, de patriotisme et d’esprit de sacrifice afin d’accompagner la révolution progressiste populaire et de participer à l’édification d’un Burkina Faso souverain, résilient et prospère.
Pour sa part, le Dr Ido Kouama a abordé la question de la maîtrise du savoir au service de la révolution et du développement. Il a rappelé que le Burkina Faso évolue dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, géopolitiques et idéologiques qui exigent la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation. « L’université est un espace privilégié de formation intellectuelle où se construisent les compétences nécessaires au développement du pays. Vous êtes une composante essentielle de la réussite du processus de transformation sociale et politique en cours. Votre principale contribution réside dans l’acquisition et la maîtrise approfondie des connaissances scientifiques et techniques pour les mettre au service de la société », a-t-il soutenu.
Le Dr Kouama a également insisté sur la nécessité pour les étudiants de cultiver l’amour de la patrie, de développer un esprit critique et de promouvoir une communication responsable, notamment sur les réseaux sociaux.
Le second thème, « Comment tirer profit de sa vie étudiante malgré les transformations sociales et développer son réseau professionnel », a été développé par Justin Ouédraogo. Selon lui, les étudiants évoluent aujourd’hui dans un environnement où l’essor des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, transforme les métiers et crée de nouvelles opportunités professionnelles. Le télétravail, les formations en ligne et la digitalisation des activités ouvrent désormais de nouvelles perspectives de carrière.

Face à ces mutations, M. Ouédraogo a recommandé aux étudiants de développer leur réseau professionnel : « Les relations professionnelles se construisent progressivement à travers les camarades de classe, les aînés, les enseignants, les professionnels rencontrés lors des stages, des conférences ou sur les réseaux sociaux. Le réseautage est un outil essentiel pour favoriser l’insertion professionnelle. Pour construire un réseau solide, il ne faut pas attendre la fin des études ».
Il a poursuivi en expliquant qu’un bon réseautage repose sur la confiance, la régularité et la réciprocité. « Il ne s’agit pas seulement de solliciter de l’aide lorsqu’on en a besoin, mais aussi d’apporter sa contribution et d’entretenir les relations dans la durée », a insisté Justin Ouédraogo.
S’adressant aux personnes timides, monsieur Ouédraogo les a encouragées à utiliser les plateformes professionnelles pour se faire connaître en partageant des idées pertinentes et en interagissant de manière constructive avec les professionnels. « Pour réussir votre insertion professionnelle, vous devez développer à la fois des compétences techniques acquises à l’université et des compétences comportementales telles que la communication, le leadership, le travail en équipe et la prise de parole en public. L’objectif est de construire dès maintenant le profil recherché par les recruteurs et d’être prêt à saisir les opportunités », a-t-il déclaré aux participants.

En conclusion, il a souligné que « l’étudiant d’aujourd’hui doit être capable de s’adapter aux changements, de développer continuellement ses compétences et de bâtir un réseau solide afin de mieux préparer son avenir professionnel ».
Les 72 heures de l’Étudiant se poursuivront avec diverses activités festives ainsi que des échanges scientifiques, culturels, sportifs et citoyens.
Nadège KINDA
Minute.bf






