Kiswensida Oswald Gaétan Segueda est désormais titulaire d’un Master en Relations internationales et Diplomatie. Le samedi 18 avril 2026, il a brillamment défendu les résultats de ses recherches, à l’Université Swiss Umef Burkina Faso, sous le thème : « Aide publique au développement : enjeux géostratégiques d’un instrument de politique extérieure ». A l’issue de sa presentation, son travail a été jugé recevable par le jury, qui lui a décerné la mention « Très bien » avec une note de 16,5/20.
Pour l’obtention de son diplôme de master en Relations internationales et diplomatie, Kiswensida Oswald Gaétan Segueda a choisi d’interroger les enjeux géostratégiques qui entourent l’aide publique au développement dans les pays dits en voie de développement. Un choix motivé, selon lui, par un contexte international marqué par l’intensification des rapports de puissance, qui suscite des interrogations croissantes sur les motivations réelles des pays donateurs.
Traditionnellement, l’APD est présentée comme un levier destiné à promouvoir la croissance économique et à améliorer les conditions de vie dans les pays bénéficiaires. Elle repose notamment sur le principe selon lequel les financements accordés doivent prioritairement servir le développement économique et social. Longtemps, cette vision a été soutenue par une approche idéaliste, qui considère l’aide comme un acte désintéressé, guidé par des impératifs moraux.

Cependant, dans son mémoire, Oswald Gaétan Segueda propose une lecture critique de cet instrument central des relations Nord-Sud. Son analyse met en lumière le fait que, au-delà des objectifs affichés, l’APD s’inscrit également dans des logiques géostratégiques, économiques et politiques.
S’appuyant sur une approche qualitative et sur les principales théories des relations internationales, l’impétrant démontre que l’aide est fréquemment orientée en fonction des intérêts des pays donateurs. Accès aux marchés, sécurisation des ressources, consolidation d’influences diplomatiques ou encore imposition de conditionnalités économiques, sont autant de mécanismes qui traduisent une utilisation stratégique de l’aide, analyse Monsieur Segueda.
Le cas de l’aide américaine, analysé dans son mémoire, illustre particulièrement cette dynamique. Cette aide, dirigée en priorité vers des zones à forts enjeux sécuritaires et vers des partenaires stratégiques, apparaît comme un véritable instrument de politique extérieure. Pour autant, l’étude nuance cette lecture en soulignant que l’APD ne saurait être réduite à une simple logique d’intérêt. Elle constitue plutôt un outil hybride, à la fois levier de développement et instrument d’influence.
Face à ces constats, l’étudiant invite les pays africains à adopter une posture plus lucide et stratégique vis-à-vis de l’aide internationale. Il préconise notamment le renforcement des capacités de négociation, une meilleure orientation des financements vers des secteurs structurants, ainsi qu’une réduction progressive de la dépendance à l’aide extérieure.

À l’issue de sa présentation, les membres du jury ont salué l’originalité du sujet ainsi que la qualité de l’analyse. Ils ont également relevé la pertinence de cette thématique dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale. À l’unanimité, ils ont attribué à l’impétrant la mention « Très bien » avec une note de 16,5/20.
Soulignons que Kiswensida Oswald Gaétan Segueda occupe, depuis février 2025, le poste de Directeur de la communication et des relations presse (DCRP) au ministère de l’Économie et des Finances.
Oumarou KONATE
Minute.bf





