Dans la soirée du dimanche 12 avril 2026, l’armée américaine a annoncé un blocus des ports iraniens à partir de ce lundi 13 avril 2026 à 14 h, conformément à un « décret présidentiel ». Elle promet toutefois de ne pas entraver la circulation de navires transitant par le détroit d’Ormuz à destination et en provenance de ports non-iraniens.
A Islamabad au Pakistan, les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Les deux parties n’ont pas réussi à parvenir à un accord, ce qui a entraîné l’échec des pourparlers sans aucun progrès. En effet, trois cycles de pourparlers directs entre Iran et États-ont eu lieu le samedi 11 avril dernier jusque tard dans la nuit sans trouver d’accord. J.D. Vance a annoncé son retour à Washington dans la nuit du samedi à la suite de ces négociations sans suite, avant d’être suivi par le reste des délégations américaines et iraniennes le dimanche.
Côté américain, on affirme avoir présenté des demandes « simples » et « raisonnables » que l’Iran a refusé d’accepter. « Nous discutons depuis des heures, mais je regrette de vous informer que nous ne sommes pas parvenus à une conclusion », a regretté JD Vance, qui a souligné avoir été dépêché par le président Trump pour le représenter à ces pourparlers au Pakistan dans l’optique de « persévérer pour assurer une résolution pacifique » du conflit. « Nous avons fait tout notre possible, mais nous n’avons pas pu parvenir à une conclusion à cause d’une simple demande que nous avons formulée, qui nous semblait pourtant la plus appropriée pour tous », s’est-il désolé.
Dans son discours d’après-séance, M. Vance a déclaré que les États-Unis avaient clairement exposé leurs conditions et indiqué qu’il n’y avait pas de retour en arrière possible. Et il martèle : « mais l’Iran n’a pas accepté nos demandes ».
Ce discours contraste de celui de l’Iran où les médias iraniens ont rapporté que les exigences formulées par les États-Unis étaient « irraisonnables » et entravaient tout progrès. Précisément, ils ont affirmé que les États-Unis avaient demandé à l’Iran de renoncer même à son droit de développer un programme nucléaire civil pour produire des médicaments et de l’électricité, ce qui, selon l’Iran, équivalait à une capitulation pure et simple.
Le statut du détroit d’Ormuz et le cessez-le-feu au Liban est l’autre point de discorde qui fait échouer les négociations. « Malgré les efforts des représentants iraniens pour que tout se déroule sans accroc, certaines « exigences inutiles » de la part des États-Unis ont empêché la conclusion de l’accord », a indiqué la chaîne de télévision publique iranienne IRIB dans un message publié sur Telegram.
Face à l’échec de ces pourparlers, dans la journée du dimanche 12 avril, le président Donald Trump a ordonné, avec « effet immédiat », un blocus naval du détroit d’Ormuz pour empêcher tous les navires d’entrer et de sortir du détroit. Décision qui sera confirmée par un communiqué de l’armée américaine dans un communiqué dans la soirée du dimanche soir où elle a annoncé un blocus des ports iraniens à compter du lundi 13 avril 2026, à 14 h (TU), conformément à un « décret présidentiel ».
« Ce blocus s’appliquera de manière impartiale à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, entrant ou sortant des ports et des zones côtières iraniens, y compris tous les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d’Oman », précise le Commandement central américain (Centcom) dans son communiqué. Toutefois, l’armée américaine assure que « les forces du Centcom n’entraveront pas la liberté de navigation des navires transitant par le détroit d’Ormuz à destination et en provenance de ports non iraniens ».
Ce lundi 13 avril 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a rejeté la responsabilité de l’échec des négociations sur Washington. « Alors que nous étions à deux doigts seulement du « protocole d’accord d’Islamabad », nous avons été confrontés au jusqu’au-boutisme, aux exigences fluctuantes et au blocus », a-t-il déploré sur son compte X au lendemain de l’échec des pourparlers au Pakistan, imputé par Washington au refus de Téhéran de renoncer à ses ambitions nucléaires.
Et les conséquences de l’échec de ces pourparlers commencent déjà à se faire ressentir. Le baril de pétrole américain est remonté au-delà des 100 dollars dimanche à la réouverture des marchés, à la veille du blocus annoncé par l’armée américaine des ports iraniens, faute d’accord pour mettre fin à la guerre. Alors qu’il était redescendu autour de 97 dollars en fin de séance, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai a rebondi de plus de 7% dimanche vers 23h30 GMT. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, s’échangeait à la même heure autour de 101,80 dollars, en hausse de 6,8%.
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