L’Iran envisage de se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). L’annonce a été faite par le porte-parole du Ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Selon lui, un projet de loi est en préparation au sein du Parlement iranien en vue d’un retrait du traité. «Indépendamment de notre position claire sur l’interdiction de toutes les armes de destruction massive, l’adhésion à ce traité suscite un vrai débat au sein de l’opinion publique et au niveau parlementaire», a précisé le porte-parole.
Esmaïl Baghaï, a toutefois réaffirmé la position de Téhéran. «La République islamique n’a jamais cherché et ne cherche pas à se doter d’armes nucléaires», a-t-il déclaré.
Si aucune décision définitive n’a été actée à ce stade, le fait même que cette perspective soit examinée au niveau institutionnel marque une inflexion notable dans la posture de Téhéran.
En toile de fond, les tensions croissantes avec les États-Unis et Israël, ponctuées par des frappes visant des installations stratégiques iraniennes, ont profondément modifié les équilibres. Selon Reuters, pour une frange influente du pouvoir, le TNP apparaît désormais moins comme un cadre protecteur que comme une contrainte asymétrique, susceptible d’exposer davantage le pays sans garantir sa sécurité.
Cette lecture est largement relayée par les courants les plus radicaux du régime, qui appellent à un désengagement rapide du traité, voire à une réorientation assumée vers l’acquisition de l’arme nucléaire. Une telle évolution, si elle venait à se concrétiser, constituerait un tournant majeur, non seulement pour l’Iran, mais pour l’ensemble de la région du Moyen-Orient.
Adopté en 1968, le TNP repose sur un compromis, celui d’empêcher la prolifération des armes nucléaires tout en autorisant leur usage à des fins civiles sous contrôle international. S’il venait à s’en retirer, l’Iran se soustrairait aux mécanismes d’inspection et de vérification, ouvrant la voie à une plus grande opacité de son programme nucléaire.
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