La Société des Aéroports du Faso (SAFA), a organisé, ce samedi 28 mars 2026, une visite guidée de l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin avec une vingtaine de journalistes. Cette immersion, qui s’inscrit dans la perspective de la reprise imminente des travaux, a permis à la presse de constater de visu la qualité des infrastructures déjà réalisées, mais aussi les insuffisances et les corrections à apporter pour le parachèvement du projet.
La reprise des travaux sur le site de l’aéroport de Donsin se profile à l’horizon. La Societé des aéroports du Faso (SAFA) s’active déjà à cet effet, dès que la finalisation du diagnostic technique en cours sera bouclée. Selon le directeur général, Saturnin Théophile Bikyenga, cette sortie s’inscrit dans la vision à long terme des autorités de doter le Burkina Faso d’un aéroport moderne et stratégique. « Aujourd’hui, un aéroport est une infrastructure de souveraineté. Notre objectif est de réaliser une plateforme aéroportuaire conforme aux standards internationaux, avec une architecture à la hauteur des ambitions du Burkina Faso et adaptée aux générations présentes et futures », a-t-il déclaré à l’issue de la visite.

Le DG a également précisé que les services techniques de la SAFA, opérationnels depuis environ trois mois, ont travaillé d’arrache-pied avec une équipe chargée du diagnostic afin d’identifier les écarts, notamment en matière de conception initiale. Ces travaux ont permis, d’après son propos, de définir des mesures correctives pour remédier aux défaillances structurelles et envisager un redimensionnement du projet, conformément aux orientations des plus hautes autorités. L’objectif est d’assurer une reprise efficace des travaux dans les meilleurs délais, incluant la réalisation des infrastructures commerciales, notamment l’aérogare.
Des infrastructures majeures déjà achevées…

Contrairement à certaines perceptions, tout n’est pas à reprendre sur le site de l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin. Malgré les insuffisances relevées par endroits, plusieurs infrastructures affichent un taux de réalisation satisfaisant. Il s’agit notamment de la piste d’atterrissage, longue de 3,5 km et extensible à 4 km, avec une largeur totale de 60 m, du parking avions, des bretelles, du réseau de transfert de carburant ainsi que du château d’eau.

À en croire Fayçal Ouédraogo, chef du département du développement des infrastructures aéroportuaires de la SAFA, cette configuration permet d’accueillir des avions de grande capacité, tels que les Boeing 747, Airbus A340, et potentiellement des appareils de classe supérieure comme l’Airbus A380. « La piste est dotée d’équipements modernes de pointe, dont un balisage de catégorie II. Il garantit de meilleures conditions de sécurité et de navigation aérienne, même en cas de conditions météorologiques difficiles », a-t-il expliqué.

L’aéroport dispose également de quatre bretelles permettant une sortie rapide des avions après atterrissage, ainsi que d’une voie de circulation parallèle facilitant les déplacements au sol. Un système de transport de carburant (réseau d’avitaillement) relie par ailleurs les dépôts aux aéronefs.
Fayçal Ouédraogo a aussi détaillé le circuit des avions après atterrissage. Ceux-ci quittent selon sa description, la piste via les bretelles, rejoignent la voie parallèle, puis sont guidés vers les aires de stationnement. Conçu de manière évolutive, le parking avions pourra s’adapter à l’évolution du trafic, avec des possibilités d’extension.

Des insuffisances relevées et en cours de correction…
Malgré ces acquis, des insuffisances techniques ont été relevées sur certaines infrastructures. Le consultant indépendant, représentant le Bureau d’ingénierie et de réalisations de produits aéronautiques (BIRPA), François Xavier Salambanga, a évoqué plusieurs manquements.
Parmi ceux-ci figurent notamment l’absence initiale d’escaliers au niveau du château d’eau et de la station de pompage, une situation désormais corrigée.
Il a également mentionné la reprise de la construction d’une salle de conférence dont une partie s’était effondrée, ainsi que le renforcement du dispositif sécuritaire à travers l’augmentation du nombre de miradors sur le site. Le diagnostic a par ailleurs révélé la nécessité d’étendre l’aérogare et d’améliorer le système de drainage des eaux pluviales, qui constitue encore un défi majeur.

Selon François Xavier Salambanga, une feuille de route est en cours d’élaboration pour encadrer la reprise progressive des travaux. Pour l’heure, la SAFA reste mobilisée afin d’assurer un suivi rigoureux du projet et de maintenir une communication régulière avec les différentes parties prenantes, notamment les médias et l’opinion publique.
Jean-François SOME
Minute.bf





