samedi 21 mars 2026
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Réinsertion sociale : Si les accusations de sorcellerie touchent majoritairement les femmes, les hommes aussi en sont victimes

À 77 ans, Ouédraogo Moussa (nom d’emprunt) n’imaginait sans doute pas vivre un jour une telle épreuve. Il y a huit ans, dans son village de Pilimpikou, province du Passoré, sa vie bascule brutalement. Suite à un décès survenu dans la localité, lors du rituel du port du corps appelé « Séongo », sa concession a été désignée. Très vite, les soupçons se transforment en accusations et des jeunes du village s’acharnent contre lui.

Dans un climat de peur et de tension, le septuagénaire est contraint de fuir pour sauver sa vie et trouve refuge en 2018 au centre Delwendé, laissant derrière lui deux épouses et onze enfants.

Malgré les années passées loin des siens, il a toujours contesté les accusations portées contre lui et, jusqu’à aujourd’hui, continue de clamer son innocence.

Contre toute attente, une lueur d’espoir renaît du côté de sa famille. Ses enfants, refusant de perdre leur père, entreprennent des démarches pour le retrouver et faciliter son retour, un engagement qui finit par porter ses fruits.

Le 05 mars 2026, Monsieur Ouédraogo quitte le centre Delwendé et retrouve enfin les siens. Ce moment, chargé d’émotion, est particulièrement marquant pour son fils, qui l’accueille chez lui à Nanoro, où vivent déjà sa mère et son épouse. « Je suis heureux que mon père soit enfin de retour parmi nous », confie-t-il avec émotion, lui qui n’a jamais cessé de lui rendre visite durant ces années d’éloignement.

Du côté du centre Delwendé, la satisfaction est également grande. Monsieur Guiré salue un homme courageux qui, malgré les épreuves, a su rester actif en contribuant aux activités du centre, notamment à travers la confection de tabourets et le filage du coton.

Pour accompagner ce nouveau départ, la CJP-Burkina lui a apporté un appui à travers :

  • un kit alimentaire d’une valeur de 50 000 FCFA ;
  • un soutien financier de 50 000 FCFA pour ses besoins immédiats.

Cette réinsertion a été rendue possible grâce à l’appui financier de MISEREOR, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative pour la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Burkina.

Source : Commission épiscopale justice et paix – CJP burkina.

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