dimanche 8 février 2026
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Liberté religieuse au Burkina Faso : L’Église adventiste outille ses fidèles sur leurs droits et devoirs

L’Église adventiste du septième jour du Burkina Faso a organisé, le samedi 7 février 2026 à Ouagadougou, un panel de réflexion autour du thème « La liberté religieuse au Burkina Faso : droits et obligations des citoyens de l’État ». Cette rencontre avait pour objectif de renforcer la compréhension des fidèles sur la notion de liberté religieuse, ainsi que sur les responsabilités qu’elle implique pour les citoyens et les institutions.

La liberté religieuse constitue un droit fondamental garanti par plusieurs textes juridiques, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 (article 18) et la Constitution burkinabè du 2 juin 1991. Toutefois, ce droit demeure encore mal compris par une partie de la population, y compris au sein de certaines communautés religieuses.

Vue 1 des Fidèles présents

Afin de mieux outiller ses fidèles, l’Église adventiste a sollicité l’expertise de Christophe Bado, juriste au Conseil d’État et Secrétaire général adjoint du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP). Selon Christophe Bado, la liberté religieuse repose avant tout sur le libre choix de croire ou de ne pas croire. « Tout citoyen a le droit de choisir librement sa religion, mais également celui de ne pas en choisir », a-t-il précisé.

Abordant la question de la laïcité, le panéliste a rappelé que le Burkina Faso est historiquement un pays marqué par la coexistence pacifique entre les différentes confessions religieuses. « Les religions ont toujours cohabité pacifiquement au Burkina Faso, qu’il s’agisse de la religion traditionnelle, musulmane ou chrétienne », a-t-il souligné, tout en attirant l’attention sur certaines menaces actuelles.

Christophe Bado, Juriste au Conseil d’État et Secrétaire général adjoint du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP

« Avec l’essor des réseaux sociaux et le contexte sécuritaire difficile, on observe la montée des discours de haine et des attaques contre des lieux de culte. Si ces situations ne sont pas prises en compte, elles peuvent porter atteinte à la liberté religieuse », a averti Christophe Bado, appelant au dialogue et à la prévention pour éviter des crises liées à l’intolérance religieuse.

Le juriste a également évoqué les mécanismes de recours en cas de violation de la liberté religieuse. « Les citoyens peuvent saisir l’administration, les autorités politiques, les juridictions nationales ou encore des instances internationales telles que la Commission nationale des droits humains ou la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples », a-t-il expliqué, avant d’insister sur l’importance du dialogue interreligieux comme mode de règlement des conflits.

Amos Kougwindiga, Pasteur et responsable du département en charge de la liberté religieuse au sein de la Mission adventiste du Burkina Faso

Pour Amos Kougwindiga, Pasteur et responsable du département en charge de la liberté religieuse au sein de la Mission adventiste du Burkina Faso, cette initiative vise à promouvoir une pratique religieuse responsable. « Nous avons organisé ce panel pour encourager nos fidèles dans leur engagement, tout en leur rappelant que l’exercice des pratiques religieuses ne doit en aucun cas porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

Présent à la rencontre, Aristide Thombiano, Fidèle de l’Église adventiste Maranatha de Ouagadougou, s’est réjoui de la qualité des échanges. Selon lui, la conférence a permis de mieux cerner les droits et les devoirs des citoyens. « Nous avons compris que l’État est laïque et neutre vis-à-vis des religions, et qu’il garantit à chaque citoyen la liberté de pratiquer sa foi. En cas de difficultés, des mécanismes existent pour faire valoir nos droits », a-t-il confié.

Vue 2 des Fidèles présents

Au-delà des textes juridiques, les panélistes ont unanimement appelé à l’adoption de comportements responsables, fondés sur la tolérance et le respect mutuel, afin de préserver la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble au Burkina Faso.

Sakinatou ZOUNDI et Irène Corine SAWADOGO (Stagiaires)
Minute.bf

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