Burkina : Les aveux se poursuivent dans l’affaire du coup d’État déjoué du 3 janvier 2026

Les aveux se poursuivent dans le cadre de la tentative de coup d’État déjoué le 3 janvier 2026 au Burkina Faso. Le sergent-chef Salfo Yalwéogo, alors membre de la Garde républicaine, est passé aux aveux à la télévision nationale, le samedi 10 janvier 2026, au Journal télévisé de 20 heures. Il a révélé son rôle dans cette tentative de renversement du pouvoir, qu’il attribue à l’ex-président, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Après les aveux de El Hadj Madi Sakandé, El Hadj Ali Wimèga, de l’Adjudant de police Moumouni Soré et du capitaine Prospère Coulidiati, c’est au tour du sergent-chef Salfo Yalwéogo d’apporter des éclaircissements sur son implication.

Selon son témoignage, tout aurait commencé environ deux semaines avant les faits, à travers des appels répétés provenant d’un numéro inconnu. L’intermédiaire de ces appels était son oncle, El Hadj Ali Wimèga, commerçant à Ziniaré, qui lui aurait demandé de répondre à un appel provenant de son ami El Hadj Madi Sakandé.

À l’issue de ces échanges téléphoniques, le sergent-chef Salfo Yalwéogo indique que la première rencontre a eu lieu sur un terrain situé à Ouaga 2000. C’est à cette occasion que Madi Sakandé lui aurait passé un appel téléphonique, au bout duquel se trouvait Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Une deuxième rencontre s’est ensuite tenue dans le bureau de Madi Sakandé. Lors de cet entretien, le lieutenant-colonel Damiba lui aurait promis une « commission », qualifiée de colis, en échange de sa collaboration, invoquant la solidarité entre « frères d’armes ».
D’après les aveux du sergent-chef Salfo Yalwéogo, la nature du projet de déstabilisation du Burkina Faso est devenue claire à l’issue de ces contacts : il s’agissait bien d’un coup d’État. Son rôle consistait à mobiliser des hommes sûrs au sein des forces armées afin d’assurer le succès de l’opération.

Il reconnaît avoir entamé des démarches de recrutement parmi des éléments de confiance.
Le 31 décembre 2025, alors qu’il assurait la fonction de chef de piquet à la Garde républicaine, il a quitté son poste pour se rendre au bureau de Madi Sakandé, situé à Paglayiri. Dans son véhicule personnel se trouvaient deux mitrailleuses PKMS ainsi que quatre caissettes de munitions. Il affirmait attendre les instructions finales de Paul-Henri Damiba pour passer à l’action. C’est sur les lieux de la rencontre qu’il a été interpellé par les forces de sécurité, aux environs de 22 heures.

Face à la gravité de cette manœuvre civilo-militaire, le sergent-chef Salfo Yalwéogo a exprimé de profonds regrets et a sollicité la clémence du chef de l’État, de la hiérarchie militaire ainsi que des forces combattantes engagées sur les différents fronts.

Enfin, il a lancé un appel à l’unité nationale, invitant les Burkinabè à rester solidaires autour de la mère-patrie.

Minute.bf

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