Axe Kongoussi-Kaya.Les attaques armées a répétition ont contraint plusieurs personnes à l’exode et à l’exil dans la région du Centre-Nord. La quasi totalité des villages aux abords de cet axe se sont vidés de leurs habitants.
L’axe Kongoussi-kaya fait partie de ces routes abandonnées par les populations victimes d’attaques armées. En effet, cet axe était à un moment donné pris en otage par des terroristes qui y avaient érigé un poste de contrôle, à une dizaine de kilomètres de Kongoussi, entre les villages de Darbitti N°2 et Sika. Ces bandits armés fouillaient et contrôlaient les identités des populations qui empruntaient cette voie. La peur avait fini par avoir raison des populations qui s’étaient réfugiées dans la cité du haricot vert et d’autre dans la cité du cuir.

Cet état de fait qui a coûté la vie à plusieurs personnes a contraint les usagers à abandonner cette voie. Bien que, selon certaines informations, le dernier contrôle terroriste sur l’axe date du 1er novembre 2019, les usagers se font toujours rares. Personne n’est prêt à risquer sa vie quand on sait qu’un jour, à Darbiti N°2, des terroristes avaient enlevé et tué un homme en plein jour. Ils avaient également, dans la même localité, tenu en respect plusieurs jeunes qui s’adonnaient à une petite séance de causerie dans un kiosque du village. Pour se rendre d’un point à l’autre, les populations sont maintenant obligées de parcourir des vingtaines de kilomètres supplémentaires.
En parcourant une vingtaine de kilomètres en aller seulement sur cet axe, une équipe de Minute.bf n’a croisé que trois usagers alors que dans un passé récent, cet axe grouillait jadis de monde. La situation sécuritaire que vit le Burkina Faso a imposé une nouvelle manière de vivre aux populations. L’expectation est la chose la mieux partagée. Il ne faut courir aucun risque quand on sait que ces fous de Dieu tirent à vue.
L’axe Kongoussi-Sika n’est plus emprunté...

Pourtant, un ratissage prolongé de l’opération N’Dofu menée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la lutte contre le terrorisme avait permis de limiter les exactions des hommes armés non identités dans cette zone. Jadis bordée de buissons de part et d’autres, cette voie est devenue presque déserte à ses abords. C’est le constat qu’a fait notre équipe. C’est sûrement pour mener à bien l’opération de sécurisation de la zone que les buissons ont été terrassés et certains incendiés par les hommes du Général Moïse Miningou.
Certes, en 1994, le président du Faso lançait les 6 engagements nationaux parmi lesquels figure la protection de l’environnement. Mais, situation oblige, cette partie du Burkina vit déjà les réalités du Sahel en matière de désertification. Mais la nécessité fait loi, c’est le terrain qui commande sa manœuvre.
Jacques Sawadogo, Correspondant
Minute.bf






