Du 29 au 31 décembre 2025, la Direction Générale des Ressources Halieutiques (DGRH) ouvre ses portes au public à Somgandé, Ouagadougou. Sous le thème « La production halieutique, un levier de développement endogène au Burkina Faso », cette quatrième édition se veut bien plus qu’une simple exposition. Elle incarne la dynamique collective pour relever un défi d’assurer l’autonomie en poisson et valoriser ce secteur pour la sécurité alimentaire et l’économie. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Ministre d’État, ministre en charge des Ressources Animales et Halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié.
Au Burkina Faso, le sous-secteur de la pêche et de l’aquaculture est l’un des piliers importants de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de l’économie nationale et de création d’emplois.
Cependant, selon la Direction Générale des Ressources Halieutiques (DGRH), au cours des 30 dernières années, les changements climatiques et hydrauliques, la dégradation des écosystèmes aquatiques et des terres, ont provoqué une réduction considérable du volume des captures annuelles alors que l’aquaculture peine toujours à décoller.

Face à cette situation, le Gouvernement burkinabè a développé plusieurs stratégies dont l’Offensive agropastorale et Halieutique 2023-2025 qui visent dans son volet halieutique à rehausser le niveau de production aquacole annuelle.
Pour le DGRH, Moustapha Alassane Tassembedo, les Journées portes ouvertes (JPO) sont un moment clé d’ « introspection » et de bilan annuel, mais surtout un cadre unique de connectivité entre tous les maillons de la filière. « Il s’agit de voir là où nous en sommes et de se projeter à l’avenir, pour voir ce qui n’a pas marché et ce qu’on peut faire de mieux », a-t-il précisé.
L’un des résultats attendus de ces JPO est l’établissement d’une « feuille de route » pour baliser le chemin des années à venir. « Nous venons de loin. Nous sommes passés d’une production piscicole de 1 000 à 1 200 tonnes par an à 17 000 – 18 000 tonnes aujourd’hui », s’est félicité Moustapha Alassane Tassembedo.

Cette croissance soutenue est la première étape vers l’objectif de l’Offensive Agropastorale et Halieutique de produire 100 000 tonnes de poissons par an d’ici 2025.
Une innovation porte cet espoir, a confié le directeur général des Ressources Halieutiques. Il s’agit de la pisciculture en cages flottantes, introduite il y a deux ans et qui a déjà permis des productions significatives de tilapia.
Le ministre d’État en charge des Ressources Animales et Halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, a souligné que face à la crise mondiale du poisson, l’attentisme n’est pas une option. « Si on attend que ça se grippe complètement avant de chercher des solutions, on ne s’en sortira pas », a-t-il relevé, encourageant les acteurs à perserver.

L’accès aux alevins, le coût de l’aliment, l’organisation des acteurs, sont autant de difficultés surmontées par le Ministère en charge des Ressources Animales et Halieutiques. « C’est comme ça, essai, tâtonnement, erreur. Et pour finir, on a un modèle qui tient la route. C’est ainsi que les grandes nations se sont construites », a souligné le Commandant Sombié.
Les résultats concrets sont déjà là pour étayer cet optimisme. Le ministre d’État Ismaël Sombié a évoqué avec « fierté » le poisson burkinabè qui arrive désormais sur les étals, provenant des barrages de Bagré, du Soum, de Samandeni ou de Loumbila. « Les Burkinabè sont fiers de manger du poisson de chez eux », a-t-il ajouté en mobilisant les acteurs à produire le travail entamé. « Continuons à travailler, n’attendons pas, n’écoutons pas les pessimistes. Notre action est de laisser quelque chose à nos enfants et à nos petits enfants », a demandé Ismaël Sombié.

Dans un ton ferme, le ministre d’État Ismaël Sombié n’a pas manqué de mettre en garde la société Agro Betalia sur les importations d’intrants. Il a intimé l’ordre à la structure d’arrêter, car « la dynamique a changé et le Burkina Faso n’est plus un pays importateur ».
Le patron du département du monde rural a également rassuré les acteurs sur les mesures en cours pour résoudre les problèmes persistants, notamment la disponibilité de l’aliment, et a promis un accompagnement continu pour « tirer la filière vers le haut ».

Adjara Sanou, exposante des poissons du Barrage de Bagré, s’est montrée confiante sur l’avenir de la filière poisson.
Ces JPO réuniront près de 200 participants, des exposants aux experts, et seront ponctuées de panels de réflexion.
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Mathias KAM
Minute.bf






